La participation peut-elle augmenter ?
Même si la participation a atteint un niveau élevé le 22 avril dernier, faisant de ce scrutin l’un des premiers tours les plus mobilisateurs de la V e République, après ceux de 1965 et 1974, elle est susceptible d’augmenter encore aujourd’hui. En effet, à chaque élection présidentielle depuis 1974, il y a eu plus de votants au second tour qu’au premier. En sera-t-il de même cette fois-ci ? Certains analystes pensent qu ’ on a atteint un seuil presque incompressible. De plus, ils estiment que des électeurs ayant choisi d ’ autres candidats que les deux finalistes au premier tour pourraient s ’ abstenir aujourd’hui. P our d ’ autres observateurs en revanche , une nouvelle poussée de la mobilisation électorale ne peut être exclue.
Les appels à l’abstention sont-ils suivis d’effet ?
En 1969, le match Pompidou-Poher avait conduit le communiste Jacques Duclos (auteur du fameux « bonnet blanc et blanc bonnet »), le PSU et la LCR à appeler à l’abstention ou au vote blanc. Or, la participation avait décru de près de neuf points entre les deux tours. Cette fois, c’est Jean-Marie Le Pen qui a appelé, le 1 e r mai dernier, ses électeurs du premier tour à l’abstention. Mais , comme le souligne notamment Frédéric Dabi, directeur « opinion publique » à l ’ IFOP , « on n ’ est pas propriétaire de ses voix » . Et de rappeler que les consignes de vote données dans le passé par le leader frontiste « n ’ ont pas été parfaitement suivies ».
L ’ électorat Bayrou peut-il faire la différence ?
L es 6,8 millions d’ électeurs qui ont choisi François Bayrou au premier tour ne seront pas forcément déterminants parce qu’ils devraient se répartir entre les deux candidats et l’abstention ou le vote blanc. Le tout est de savoir dans quelles proportions. Or, cet électorat du 22 avril est apparu très composite.
Le 1 e r tour de Sarkozy lui garantit-il la victoire ?
Avec 31,18 % des voix au premier tour, le candidat du l’UMP a obtenu le meilleur score d ’ un candidat de droite depuis Valéry Giscard d ’ Estaing en 1974. Reste à savoir si cette dynamique peut encore se développer aujourd’hui. En outre, Nicolas Sarkozy se présente comme le favori des sondages. Une situation qui, paradoxalement, pourrait le desservir en provoquant une démobilisation de son camp, se croyant assuré de la victoire.
L e 1 e r tour condamne-t-il la gauche ?
Avec 36,44 % des voix au premier tour, la gauche a obtenu, malgré le bon score de Ségolène Royal, un de ses résultats les plus faibles sous la V e République. Certes, tous les candidats de gauche au premier tour, à l’exception de Gérard Schivardi, ont appelé à voter Royal. Mais t out dépend pour la candidate socialiste de sa capacité à capter suffisamment d ’ électeurs centristes sans provoquer l ’ abstention de ceux de la gauche de la gauche.
Le président de la République française, que les électeurs s’apprêtent à désigner, est tout sauf un dirigeant sans pouvoirs. La Constitution accorde au chef de l’État de larges prérogatives.
Le président de la République assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l ’État . Il est le garant de l ’ indépendance nationale et de l ’ intégrité du territoire. Chef des armées, il est maître du « bouton » nucléaire. Il prend les mesures exigées en cas de menaces graves et immédiates , si nécessaire en ayant recours à des pouvoirs exceptionnels. Le chef de l’État nomme le Premier ministre, met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Sur proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions. Il préside le Conseil des ministres, signe ordonnances et décrets. Il accrédite les ambassadeurs, négocie et ratifie les traités, soumet à référendum certains projets de loi, promulgue les lois, peut dissoudre l ’ Assemblée nationale et convoquer le Parlement en session extraordinaire. En revanche, il ne communique avec les deux assemblées que par messages. Garant de l ’ indépendance de l ’ autorité judiciaire, il préside le C onseil supérieur de la magistrature et il a le droit de grâce. Sur proposition du Premier ministre, il a l ’ initiative de la révision de la Constitution, concurremment au Parlement. Il saisit le Conseil constitutionnel dont il choisit trois membres et nomme le président.
Curieusement, le montant du « salaire » du président de la République n’est fixé par aucun texte. L’an dernier, le traitement s’est élevé à 6.594 euros brut mensuels, entièrement soumis à l’impôt sur le revenu. C’est moins que pour le Premier ministre (20.206 euros) ou même qu’un secrétaire d’État (12.795 euros). Plus largement, l a dotation budgétaire officielle de la présidence de la République se monte à 31,78 millions d ’ euros cette année.