Sarkozy. Un appel à l’Histoire pour conclure
Pour le dernier jour de sa campagne, Nicolas Sarkozy était en visite sur un lieu symbolique de l’histoire de France : le plateau des Glières, en Haute-Savoie, où les résistants livrèrent bataille contre l ’ occupant nazi en mars 1944 . L’occasion pour le candidat UMP de célébrer à nouveau « l ’ identité nationale française » , tout en affichant sa sérénité quant aux résultats de dimanche.
La température est fraîche et le ciel blanc , lorsque Nicolas Sarkozy arrive , avant midi , sur le plateau des Glières, à 1.500 mètres d ’ altitude. Costume sombre, visage grave, il rejoint seul et à pied, par un chemin de gravier, le monument érigé à la mémoire de Tom Morel, chef du « bataillon des Glières » . Avec le fils de celui-ci, il y dépose une gerbe et se recueille quelques instants. « Dans une campagne où j ’ ai voulu parler de la France, je veux terminer par là où j ’ ai commencé, ici, sur c e plateau, symbole de la Résistance française » , déclare-t-il. « Pas de plus beau symbole » pour le candidat : « L es résistants étaient unis, ils venaient de tous les côtés, il y avait même des républicains espagnols . » « Dans cette montagne, on a résisté à mains nues contre l ’ envahisseur et contre des Français qui avaient trahi l ’ idée de la France, qui étaient devenus des ennemis de la France » , insiste-t-il. Puis, le candidat enchaîne sur une attaque contre Ségolène Royal : par ses propos, elle « termine un peu dans la violence, dans une certaine forme de fébrilité » , accuse-t-il, en appelant au « respect » et à l ’« apaisement ». Malgré les sondages, Nicolas Sarkozy se veut prudent, au terme d ’ une campagne qu ’ il juge « harassante ». « Il faut attendre sereinement dimanche, d ’ ici là rien n ’ est gagné » . I l trahit toutefois un certain optimisme lorsqu ’ il glisse qu ’« au lendemain de l ’ élection, il y aura le moment de l ’ action ». Tous les ans sur le plateau des Glières s’il est élu Et en annonçant, s ’ il est élu, qu ’ il se rendra « tous les ans » sur le plateau des Glières, il semble promettre un futur rituel de président de la République. « Comme François Mitterrand à la Roche de Solutré », lui demande -t-on ? Le candidat se contente de sourire. Un peu plus tard, devant la mairie du Petit-Bornand, à une dizaine de k ilo m ètres en contrebas, plusieurs centaines de ses partisans ne s’embarrassent pas de ces précautions , criant « On a gagné ! » Acclamé lorsqu ’ il apparaît sur la place du village, devant le monument aux morts, Nicolas Sarkozy martèle le sens de sa visite et de sa campagne. « J ’ ai voulu remettre les valeurs éternelles de la France au goût du jour » , affirme-t-il, assurant , encore une fois , qu ’« il faut être fier de notre histoire ».
Estrosi. « Pas de triomphalisme avant dimanche soir »
Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, ami de Nicolas Sarkozy, a clos la Campagne UMP dans le Finistère, hier soir à Châteaulin.
Nicolas Sarkozy, en début de semaine à la Pointe du Finistère. Vous, aujourd’hui, à Châteaulin. Qu’y a-t-il, ici, de si précieux à gagner pour l’UMP ? D’abord, nous n’avons pas à faire de triomphalisme avant le résultat de dimanche soir. Ensuite, cette réunion est programmée depuis un mois. Qui plus est, madame Royal effectue son dernier déplacement dans le Finistère et, au lendemain de la vraie explication qui l’a opposée à Nicolas Sarkozy, il y a un certain nombre de choses à rectifier sur ses incohérences, son agressivité, voire ses mensonges. Ça permettra de démontrer qui elle est en termes d’« immoralité », mot dont elle a usé à l’égard de Nicolas Sarkozy et qui est plus approprié à sa personnalité. Claude Allègre a dénoncé ses mensonges à propos des handicapés. Il a dit qu’il ne voterait pas Royal. Et puis, il y a les pôles de compétitivité... Une énumération de mensonges. Justement, ce thème a, mercredi, fait l’objet d’une passe d’armes engagée entre les deux candidats. Quelle est votre version ? Madame Royal a essayé de dire que les Régions étaient à l’origine de ces pôles de compétitivité . Or c’est Nicolas Sarkozy et moi-même qui les avons créés. En juillet 2006, nous en avons labellisés 66, dont quatre dans le Finistère et en Bretagne. En 2006 toujours, l’Etat a financé l’ensemble de ces pôles à hauteur de 15 millions d’euros. Et, en 2007, dix nouveaux projets l’ont été également, pour un montant de 15,6 millions d’euros. Ces pôles de compétitivité ont permis à la France de passer, en 2005, de la 17 e place en matière d’innovation, à la 7 e place, aujourd’hui. Les Régions n’ont rien à y voir. Sauf si elles décident d’apporter un complément de financement sur ces projets de recherche. Nicolas Sarkozy est assez nettement en tête des sondages. Quelle est, selon vous, l’explication ? Il a creusé un sillon très profond et n’a cessé de semer. Il récolte, aujourd’hui, le fruit de son engagement. C’est le premier homme politique à parler de vrais sujets dont les Français désespéraient qu’on parle un jour. A contre-courant de leur candidat, François Bayrou, les députés UDF ont appelé à voter Sarkozy à une très forte majorité... Sur la valeur économie-emploi, on retrouve l’essentiel des valeurs de nos programmes : volonté de réduction du déficit de l’Etat. Remise en cause des 35 heures... Quant à François Bayrou, je ne comprends pas son attitude. Mais la quasi-unanimité des députés de son camp l’a également réprouvée. Nous, nous ne nous adressons à aucun parti politique. Je suis le porte-parole d’un candidat de tous les Français. Nicolas Sarkozy veut rassembler. Madame Royal veut marchander. Aux Français, je dis : allez derrière celui qui rassemble.
Le 05/05/2007
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Sarkozy a achevé sa campagne sur le plateau des Glières, un des hauts lieux de la Résistance, « symbole d’une France qui ne veut pas mourir ». (Ph. AFP)
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