Le Parti socialiste retrouve sa position de leadership et l'U DF se repositionne à un niveau qui va lui permettre de jouer le rôle d'arbitre dans les prochains rendez-vous électoraux.
PS : mieux qu’en 1981
En affichant un score de 30,1 % (le meilleur des quatre départements bretons),
Ségolène Royal refait monter le PS dans les Côtes-d'Armor à un niveau que même François Mitterrand n'avait pas atteint au premier tour de l'élection de 1981 (27,97 %). Il est vrai qu'à cette même élection Georges Marchais pesait plus de 16 %. À l’époque, le PCF constituait un solide appui sur lequel la gauche ne peut plus compter. L'effondrement communiste est, cette fois, le plus total. Ainsi, à Callac, le canton où elle obtient le meilleur de ses scores, Marie-George Buffet culmine à 7 %. À Rostrenen, Maël-Carhaix, Collinée ou Ploufragan, le parti n'atteint même plus les 5 %.
Besancenot résiste
De tous les candidats de gauche victimes du vote utile pour le PS, c'est finalement Olivier Besancenot qui s'en tire le moins mal et obtient, dans le département, son meilleur score breton (5,1 %). À noter toutefois, que si Ségolène Royal s'impose dans 36 des 52 cantons du département, le total des voix obtenues par les candidats de la gauche est inférieur à celui qui avait été noté en 2002, à savoir 43 % cette année, contre 49,56 % il y a cinq ans. La montée de François Bayrou, qui triple son score de 2002, contribue sans doute à ce recul, mais ouvre à gauche quelques espoirs de transferts de voix pour le second tour.
Le risque de triangulaires ?
Du côté de la droite, fort de ses 25,8 % Nicolas Sarkozy améliore de cinq points le résultat qu'avait obtenu Jacques Chirac. Marc Le Fur, le seul député UMP, a bien entendu applaudi ce succès, notant au passage que c'est dans le sud de sa circonscription que Sarkozy enregistre ses meilleurs résultats. Toutefois, il faudra compter avec les voix de l’UDF. Car François Bayrou l’a clairement réaffirmé, il exige la présence de ses candidats dans la totalité des circonscriptions du pays. Et, au vu des résultats de dimanche, où, partout dans le département, l’UDF dépasse les 12 % des inscrits, si aucune entente n’était trouvée entre UMP et centristes nous aurions droit, en juin prochain, à cinq « triangulaires » au second tour des législatives. Voilà qui ne serait pas sans conséquences lors des municipales et cantonales de 2008.
Patrick Le Nen. 24/04/2007