Le poids des centristes dans le département était, de toute évidence, sous-évalué en 2002. François Bayrou n’avait pas tracé sa route et l’UDF s’était tellement diluée dans les alliances majoritaires qu’on n’était plus en mesure de savoir ce que représentait ce courant de pensée, hérité du MRP et donc implanté,
de longue date, dans le terroir breton. Le passage à l’UMP de transfuges UDF n’avait évidemment pas contribué, cette année-là, à clarifier un positionnement devenu de plus en plus opaque.
Canevet : « Confirmer aux législatives »
Avec plus de 22 % des voix, la famille centriste fait un retour remarqué sur la scène finistérienne où son score est de quatre points supérieur à la moyenne nationale. Cela ne signifie pas, pour autant, que l’UDF pèse près du quart de l’électorat finistérien. Entre l’équation personnelle de François Bayrou et les ralliements de circonstance pour faire barrage à Sarkozy, Royal ou Le Pen, le chef de file centriste a, de toute évidence, capitalisé des voix qui n’appartiennent pas toutes au courant UDF. Mais pour Michel Canévet, président départemental, il n’y a pas de doute : les élections législatives viendront confirmer le score flatteur de cette présidentielle. « Nous sommes, dit-il, dans une terre où la tradition centriste est bien ancrée. Notre positionnement n’était plus très clair, ces dernières années et, en 2002, j’avais été le seul candidat UDF aux législatives, dans le département. Comment mesurer notre audience dans un pareil cas de figure ? Cette fois, nous allons présenter des candidats dans les huit circonscriptions du Finistère et leur bonne implantation locale devrait permettre de confirmer que l’UDF est devenue cette troisième force avec laquelle il va falloir compter ».
Le scénario triangulaire
Si les élections législatives viennent confirmer le scrutin présidentiel, l’UDF aura effectivement son mot à dire. Et même un peu plus car le score qu’elle a obtenu, dimanche, dans les huit circonscriptions du Finistère (*) aurait été suffisant pour maintenir tous ses candidats au second tour des législatives et imposer une triangulaire partout, avec les conséquences que l’on peut supposer. Un scénario totalement inimaginable il y a quelque mois à peine. Du statut de formation supplétive de la majorité, l’UDF vient de franchir le premier pas vers la grande émancipation. Mais elle ne prendra corps que si le parti centriste confirme aux législatives ce que François Bayrou a révélé dimanche.
* Par ordre décroissant, François Bayrou obtient 24,76 % dans la circonscription de Landerneau-Landivisiau, 23,46 % dans celle de Pont-l’Abbé-Douarnenez, 23,21 % à Brest-Ouest, 22,42 % à Morlaix, 21,95 % à Châteaulin-Carhaix, et 21,78 % à Brest-centre. Il rate la barre des 20 % dans la seule circonscription de Concarneau-Quimperlé, mais d’un quart de cheveu (19,99 %).
René Perez. 24/04/2007