Installé depuis dix ans au centre des Almadies, le restaurateur, M. Drouin, souffre de maux de tête depuis l’année dernière. Intoxication ? Il a d’abord soupçonné le kebab qui le jouxte, puis a fait analyser son local par un laboratoire qui a décelé la présence dans l’air de perchloréthylène, un produit
« possible cancerogène » utilisé pour le nettoyage à sec.
« On ne va pas vous mettre ça sur le dos »
Il en a imputé la responsabilité au pressing qui, contrôlé par les services de l’Etat, s’est révélé parfaitement conforme aux normes en vigueur. Quant au produit diffusé dans le restaurant, il se trouvait en quantité nettement inférieure aux valeurs d’exposition fixées par le ministère du Travail. Une affaire qui n’en est pas une ? Sans doute, à en croire Dominique Voynet, elle-même, qui s’est bien gardée d’émettre la moindre critique à l’égard de la propriétaire du pressing, angoissée d’être ainsi mise en cause. « Oui-oui, madame, vous êtes en règle », a répété la candidate, soucieuse de ne pas ajouter aux tracas de son interlocutrice. « On ne va pas vous mettre ça sur le dos, ne vous inquiétez pas. Ce que nous dénonçons, ce sont les normes en vigueur en France ». Plus à l’aise sur le terrain du discours général des pollutions chimiques que dans l’évocation de ce cas particulier, « où tous les gens sont de bonne foi », la candidate des Verts s’en est prise aux « lois qui ne protègent pas assez les personnes ». Evoquant l’amiante pour laquelle « on n’a rien fait il y a vingt ans », et les pesticides que les agriculteurs croyaient inoffensifs pour leur santé, « parce que c’était marqué sur le bidon qu’on ne risquait rien », elle a insisté sur les drames dus à des normes trop lâches et des contrôles insuffisants. « Et puis, il y a les pressions de l’industrie chimique », ajoute-t-elle.
« Je suis raisonnablement optimiste »
Dominique Voynet devait développer dans la soirée les problèmes des pollutions chimiques et la nécessaire réponse du principe de précaution, « qui doit conduire à inverser la charge de la preuve », au lieu d’obliger les victimes à établir la responsabilité du polluant. Elle devait également aborder les questions liées à la santé au travail, à la qualité de l’eau, à l’énergie, à l’agriculture et à la pêche. Des sujets particulièrement prégnants en Bretagne, une région qu’elle aime pour des raisons personnelles (elle a son havre de paix sur la côte morbihannaise) et aussi pour sa sensibilité écologiste. « Nous faisons d’excellents résultats en Bretagne », lance-t-elle dans un large sourire que les sondages n’altèrent pas le moins du monde. « Je suis raisonnablement optimiste, et mon enthousiasme n’a pas été émoussé ».