Un bond des inscriptions sur les listes électorales, une affluence record dans les meetings, des émissions politiques qui crèvent les plafonds d ’ audience : les Français montrent un intérêt marqué pour la campagne présidentielle. Reste à savoir si cela se traduira dans les urnes le 22 avril, alors que le taux d ’ abstention augmente depuis 1974.
Le scrutin le plus mobilisateur
L ’ élection présidentielle est traditionnellement le scrutin qui mobilise le plus les électeurs. Entre 70 % et 80 % des Français , inscrits sur les listes électorales , se déplacent pour l ’ occasion . A l’inverse, les élections européennes intéressent peu : seulement 42,8 % de votants en 2004. Mais même l ’ élection phare de la V e République est gagnée par une érosion de la participation . D e 15,8 % en 1974, le taux d ’ abstention au premier tour est passé à 18,6 % en 1988, 21,6 % en 1995 et 28,4 % , un record , en 2002. Au-delà de l’ abstentionnisme sociologique , qui touche des personnes en exclusion sociale , c ’ est un abstentionnisme « politique » , qui augmente . Il émane de toutes les catégories de la population, de tous les âges, y compris d ’ électeurs diplômés, bien insérés socialement . Pour ces personnnes , l ’ abstention devient un moyen d ’ expression politique pour manifester une sanction, à une époque où six Français sur dix ne font confiance ni à la droite , ni à la gauche , pour gouverner.
2007 : la nouvelle vague ?
La présidentielle de 2007 va-t-elle inverser cette tendance, la stabiliser, ou confirmer cette crise de la représentation politique ? Quoi qu’il en soit, p as moins de 1,8 million de Français supplémentaires se sont inscrits sur les listes électorales , fin 2006, soit une augmentation de 4,2 %. Certes, l’ élection présidentielle est traditionnellement précédée d ’ une hausse des inscriptions. Mais cette fois, elle est plus importante que lors des dernières échéances : 3,7 % en 1981 , 1,9 % en 1988, 2,1 % en 1995 et 2,3 % en 2002 . La hausse est très sensible en Outre-mer : 17,7 %. Les experts voient dans cette progression, le résultat d’un « effet-mémoire du 21 avril ». Certains électeurs n’ont pas envie de voir revenir le Front National au second tour.
Une compétition plus serrée que jamais
Et puis, surtout, la compétition apparaît serrée. Les Français n ’ ont visiblement pas le sentiment , comme en 2002 , que les jeux sont faits d ’ avance . D’autant, qu’à trois semaines du premier tour, quatre Français n’auraient pas arrêté leur choix. Du coup, à un peu plus de trois semaines du premier tour, les prévisions restent hasardeuses. Si l’abstention devait augmenter en 2007, cela pourrait finir par effriter la légitimité du chef de l ’ Etat. En 2002, 5 1 % des inscrits avaient opté pour l ’ abstention, le vote blanc ou nul, o u les extrêmes, contre 19,4 % en 1974. S euls 13,4 % des électeurs avaient choisi Jacques Chirac au premier tour.
Jeudi, la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle (CNCCP) décidait de ne pas homologuer l ’ affiche et la profession de foi présentant Gérard Schivardi comme le « candidat des maires ». Selon la commission, ce slogan implique un soutien général des maires, ce que le candidat n’a pas pu justifier.
La réaction du candidat a été vive. « La décision qui vient d ’ être prise constitue un coup porté contre toutes les libertés » , s ’ est -il indigné. Daniel Gluckstein, son directeur de campagne, a annoncé qu' « une démarche de recours suspensif auprès du Conseil constitutionnel et du Conseil d ’ Etat » allait être lancée. Cette invalidation de son matériel de campagne a des implications financières , pour le candidat du Parti des Travailleurs . Selon l ui , « 25 millions de professions de foi et 180.000 affiche s devront être mises au pilon » , pour un coût de 300.000 euros. Le parti redoute aussi « un problème de délai » pour la livraison du matériel de campagne, qui risque de ne parvenir qu ’ à « la moitié de l ’ électorat » . En attendant, les nouvelles affiches, proposées, hier soir, à la CNCCP par le Parti des travailleurs, ont été validées.
Royal.
Besson.
Sarkozy.
Bové.