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Présidentielle 2007 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Borloo. « C’est Nicolas Sarkozy »

Nicolas Sarkozy tient enfin sa caution centriste. Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a en effet annoncé, hier soir, son soutien à la candidature du président de l’UMP.

« Le suspense n ’ est pas à son comble, c’est Nicolas Sarkozy », a-t-il simplement déclaré sur le plateau du « Grand Journal » de Canal +, où il a remplacé le candidat de l’UMP qui était initialement invité. Le ministre a expliqué avoir « beaucoup travaillé » avec le candidat sur les sujets qui lui tiennent à cœur comme « le progrès social », la lutte « contre le chômage de masse », « contre l’injustice territoriale » et sur la façon de « faire en sorte qu’il y ait 100 % d’une classe d’âge qualifiée ». Les deux hommes ont finalisé leur alliance, lundi soir, au « Hameau des Baux », un hôtel près des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Jean-Louis Borloo, qui est également co - président du Parti radical (associé à l ’ UMP), avait conditionné son ralliement à la prise en compte de « la méthode et des mesures » qu ’ il propose, notamment pour l ’ emploi et le logement, dans son livre « L ’ architecte et l ’ horloger » . « Il faut du temps pour aller au fond des choses » et Nicolas Sarkozy « aussi avait besoin de temps » , a-t-il expliqué hier soir , faisant l ’ éloge de « la palabre africaine » .
« Il ne me doit rien »
Jean-Louis Borloo, dernier poids lourd du gouvernement et de la majorité à annoncer son ralliement au président de l ’ UMP, a assuré que ce dernier allait mettre « un point d ’ honneur » à tenir les engagements pris envers lui. « Si moi, demain, je disparais, je sais qu ’ il va le porter maintenant, je pense même qu ’ il va mettre un point d ’ honneur à réussir ces engagements » , a-t-il clamé. Il a par ailleurs assuré qu ’ il n ’ avait « aucune espèce d ’ idée » du rôle qu ’ il pourrait jouer si Nicolas Sarkozy accédait à l ’ Elysée. « S ’ il n ’ a pas besoin de moi au gouvernement, c ’ est " aucun problème " , il ne me doit rien » , a-t-il encore souligné. « Si je peux donner un conseil, un coup de main, je le ferai, je suis à sa disposition » .
Point de vue Par Hubert Coudurier Sarko-Borloo : embrassons-nous Folleville !
Afin de minimiser le ralliement du ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale à Sarko, Bayrou a estimé que Borloo devait avoir des doutes pour avoir attendu le dernier moment. En réalité, l’ancien avocat d’affaires est un redoutable négociateur. Attendre lui a permis d’observer l’évolution des rapports de force. Nicolas Sarkozy a d’abord été affaibli en raison des doutes exprimés par Pierre Méhaignerie sur la crédibilité de son programme économique. Puis déstabilisé par l’effet Bayrou alors que son entourage niait l’évidence en évoquant le syndrome Chevènement. Et, enfin, pour compenser la percée au centre du candidat de l’UDF, il a effectué un virage à droite au nom de l’identité nationale au risque de faire monter Le Pen. A moins que la manœuvre ait définitivement permis de fixer le score du président du FN en dessous de 15 %. La stratégie du président de l’UMP ayant à ses yeux le mérite d’entraîner Ségolène Royal sur son terrain. Celui de la nation et du drapeau dans lequel elle se dépêtre aujourd’hui puisqu’il ne correspond pas aux traditions de la gauche. Témoin : la polémique en raison de sa position finalement rigoureuse sur les sans-papiers. Toujours est-il que Jean-Louis Borloo entre en scène au bon moment pour rééquilibrer la campagne de Nicolas Sarkozy. Proche des syndicats et caution de centre-gauche du gouvernement Chirac, toujours un peu coupable de ne pas avoir résorbé la fracture sociale, Borloo a réalisé 70.000 constructions de logements sociaux là où la gauche n’en faisait que 20.000. Ségolène Royal ayant surenchéri à 100.000 sans que l’on sache avec quels moyens, voilà le ministre de la Cohésion sociale prêt à promettre un plan Marshall (référence à l’aide américaine d’après-guerre) pour les banlieues plus un chômage ramené à 5 % dans les cinq ans. Et voilà nos deux compères à nouveau bras dessus bras dessous après un dîner en Avignon où Nicolas s’est dit « totalement en confiance avec Jean-Louis ». De là à lui promettre Matignon pour rassurer ceux qu’inquiète son programme qualifié de néo-reaganien ! Nous ne sommes pas loin du vaudeville de Labiche : embrassons-nous Folleville !
Sarkozy.
Un calendrier précisé. Dans un entretien paraissant demain dans L’Express, Nicolas Sarkozy précise son calendrier de réformes, s’il est élu à l’Elysée. Il ne revalorisera pas le salaire minimum interprofessionnel garanti au 1 e r juillet. « Le coup de pouce, je le donnerai à tous les salaires, pas au SMIC, qui concerne 17 % des salariés », explique le candidat UMP à la présidentielle. « Je veux être le président du pouvoir d’achat et c’est la raison pour laquelle j’engagerai, avec le patronat cette fois, une discussion dès l’été ». Nicolas Sarkozy annonce par ailleurs que la révision constitutionnelle qu’il propose « aura lieu à l ’ automne » . Il se rendra aussi « dès la première semaine » à Berlin et à Bruxelles pour « tenter de débloquer la situation européenne ».
le pen.
S ’ il est élu , il gouvernera « avec la majorité ». Jean-Marie Le Pen, candidat du Front N ational à la présidentielle, a affirmé que , s ’ il était élu, il gouvernerait « avec la majorité » que lui « donneraient les élections législatives » de juin et pourrait envisager un gouvernement de « coalition » . Dans une interview à l ’ hebdomadaire Le Pèlerin daté du 29 mars, le leader du FN précise que s ’ il disposait à l ’ issue des législatives d ’ une majorité « lepéniste » à l ’ Assemblée, il pourrait nommer comme Premier ministre Bruno Gollnisch, numéro deux de son parti. (Photo AFP)
Fabius.
« l ’ essentiel doit être l ’ économique et le social » . Laurent Fabius a estimé , hier sur i-télé, que les Français n ’ allaient pas « déterminer » pour qui ils allaient voter à la présidentielle en fonction de l ’ identité nationale, mais plutôt en fonction de leurs préoccupations économiques et sociales.
royal.
soutien de Mazarine Pingeot . D ans une interview qui paraît aujourd’hui dans Le Parisien/Aujourd ’ hui en France , Mazarine Pingeot (PS), fille de l ’ ancien président François Mitterrand, manifeste son soutien à Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle . « C ’ est d ’ abord une évidence puisqu ’ elle est la candidate de mon parti ». « J e l ’ ai choisie aussi pour son indépendance d ’ esprit, la force de son caractère, sa persévérance et son égalité d ’ humeur », ajoute-t-elle .
Nihous.
il faut sortir des « clichés réducteurs . « Il faut sortir du cliché " un rural c ’ est forcément un plouc, un bouseux qui n ’ a droit à rien " ». Frédéric Nihous, candidat de CPNT ( Chasse, Pêche, Nature et Traditions ) à la présidentielle, a dénoncé , hier sur Canal +, la vision « caricaturale » des élites vis-à-vis du monde rural et a demandé à être traité avec « respect ». « Sortons un peu de ces clichés particulièrement réducteurs », a déclaré le candidat estampillé « chasseur ». « Oui , je suis chasseur, d ’ accord, mais on me rabâche ça sans arrêt. »
justice.
report d es procès de 41 faucheurs volontaires dont Bové . Deux procès de faucheurs volontaires, prévus hier devant le tribunal correctionnel de Toulouse siégeant à Villefranche-de-Lauragais, ont été renvoyés au 2 octobre en raison de la présence parmi les prévenus d ’ un candidat à l ’ élection présidentielle, José Bové. Le candidat altermondialiste devait comparaître devant le tribunal avec 38 autres prévenus, pour le fauchage d ’ OGM à Saint-Hilaire, près de Muret, au sud-ouest de Toulouse, le 30 juillet 2006.

Le 28/03/2007


« Dans la vie, il faut s ’ apprivoiser, se faire confiance » , a déclaré Jean-Louis Borloo pour expliquer son ralliement tardif. (Photo AFP)
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