Coût des programmes. « Un faux débat »
35 milliards pour Ségolène Royal, 31,7 milliards pour Nicolas Sarkozy. A l ’ heure où les états-majors des principaux candidats sont en pleine polémique sur le coût des programmes, des économistes les appellent à sortir de la querelle des chiffres.
50 milliards d’euros : c’est le coût brut des 100 propositions de Ségolène Royal. Son coût net serait réduit à 35 milliards d’euros, compte tenu de 15 milliards d’euros d’économie, selon les successeurs d’Eric Besson, Michel Sapin et Didier Migaud, qui ont détaillé le chiffrage du « Pacte présidentiel », hier. Les mesures les plus coûteuses : l’augmentation de 10 % du budget de la recherche (5,3 mds), la loi pour les universités (5 mds), les emplois-tremplins (4,5 mds). Des dépenses qui seraient compensées par les 15 mlds d’euros d’économies et de redéploiements. La socialiste entend notamment économiser cinq milliards sur les allégements de charges accordés aux entreprises. Un peu plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy a évalué son projet à 31,7 milliards d’euros, dont « 15 milliards d’allégements d’impôts et de charges ». Un projet financé en partie par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux sur les 450.000 départs en retraite d’ici à 2012. Mais, selon les dernières évaluations de l’Institut de l’entreprise, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy coûteraient 50 milliards d’euros et celles de Ségolène Royal 60 milliards. « Attention aux chiffrages » Face à ces polémiques qui ne désemplissent pas, des économistes ont appelé à « sortir de cette bataille des chiffres ». Des membres de l’Observatoire français de conjoncture économique (OFCE) publieront aujourd’hui un manifeste pour dire en substance qu’il faut faire « attention aux chiffrages ». Pour Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l’OFCE, « la méthode qui consiste à dire : " regardons ce que les candidats proposent, faisons l ’ addition et concluons que le meilleur candidat est celui qui en propose le moins ", est une méthode singulièrement réductrice pour le débat de politique économique » . Sans critiquer le travail de l’institut des entreprises, qu’il juge « fait très correctement et honnêtement », il estime qu ’« il faut maintenant ouvrir le débat, car on n ’ est pas en train d ’ élaborer un budget » . Et de conclure : « cela occulte le vrai débat qui est : "quelles sont les conséquences économiques des choix de société qu ’ on nous propose ". »
Royal-Sarkozy. Les attaques contre Bayrou se multiplient
Ils l’avaient plutôt épargné jusqu’ici. Mais la montée de François Bayrou dans les sondages commence à inquiéter le PS et l’UMP. Du coup, les attaques contre le candidat UDF se multiplient. Pour une fois, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont d’accord : François Bayrou est de « droite » et ils le martèlent haut et fort. Hier, le candidat UMP a ainsi rappelé, sur RTL, que François Bayrou et ses parlementaires « sont élus avec les voix de la droite et du centre ». Il a ainsi jugé « curieux » son projet de constituer un gouvernement d’union nationale. Alors que le candidat UDF multiplie les appels du pied vers la gauche, Nicolas Sarkozy a expliqué que, lui aussi, s’il était élu, ferait « l’ouverture ». « J’associerai au gouvernement des personnalités qui n’appartiennent pas à ma famille politique », a-t-il assuré, ajoutant qu’il n’aurait « aucun mal à travailler » avec une personnalité socialiste comme Bernard Kouchner. Royal demande une « clarification » Quant à Ségolène Royal, qui avait déjà sonné la charge mardi, lors de son meeting à Rennes (lire Le Télégramme d’hier), elle a surenchéri, hier matin. La candidate socialiste a ainsi demandé à François Bayrou « une clarification », en soulignant que le candidat UDF qui se dit « ni de droite ni de gauche », vote avec la droite dans les collectivités territoriales. « J’aimerais bien que les élus de l’UDF viennent m’aider pour servir l’intérêt général de la région », a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes, sur France Info. Or, selon elle, « dans les communes, les départements, les régions, jamais les élus de l’UDF ne viennent conforter des majorités de gauche ».
UDF.
Santini et Marseille suspendus . La commission nationale d ’ arbitrage et de contrôle de l ’ UDF a suspendu hier André Santini et Hervé Marseille, tous les deux élus des Hauts-de-Seine , pour leur ralliement à la candidature de Nicolas Sarkozy . La commission a également décidé que ceux « qui feraient publiquement état de leur soutien à un autre candidat que François Bayrou feraient l ’ objet de la même décision » .
PS (1).
Besson quitte le parti. Eric Besson n’est plus socialiste : le député de la Drôme et secrétaire national démissionnaire du PS à l ’ Economie a rendu hier sa carte et annoncé qu ’ il ne se représent er ait pas aux législatives , suite aux « attaques » dont il a fait l’objet. Vidant son sac, Eric Besson met directement en cause des proches de Ségolène Royal, sans citer de nom. L ’ ancien « Monsieur Economie » du PS critique également la façon dont le parti et l ’ entourage de la candidate mènent campagne. Pour autant, il estime que « c’ est une combattante, et qu’ elle est capable de rebondir ». Pas question pour lui donc de rallier un autre camp. (Photo AFP)
Cohn-Bendit.
Pour un partenariat Bayrou-Royal-Voynet . Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe Verts au Parlement européen, a suggéré hier un « partenariat présidentiel » , avec « un pôle écologiste » autour de Dominique Voynet et Nicolas Hulot, « Ségolène Royal comme pôle central » et « l ’ UDF de François Bayrou » . Il a demandé que François Bayrou « clarifie le débat » puisque, étant « contre l ’ Etat UMP, il pose le problème d ’ une autre majorité » . Pour les législatives, il a proposé que le PS propose de « ne pas présenter de candidat au premier tour contre un candidat UDF » . Une proposition refusée par Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée et le socialiste Jean-Christophe Cambadélis, invités également de France Inter.
PS (2).
lebranchu répond à « l’appel des 70 ». En soutien à la candidature de Ségolène Royal, 70 femmes, élues régionales ou nationales se sont rendues signataires d’un appel, visant à faire connaître les propositions de la candidate, au travers de débats. Hier, Marylise Lebranchu, députée PS du Finistère a choisi les thèmes de la petite enfance, de la formation et de l’éducation. « Tout est lié. Sans structures bien adaptées à l’accueil des tout petits, sans un statut d’assistance maternelle ou de garde à domicile et sans réajustement des aides financières à la garde d’enfants, c’est toute la société qui tourne mal », a estimé l’élue finistérienne. « Comment construire une société plus égalitaire, si les femmes sont, dans la pratique, cantonnées à leur rôle de mère. Maintenant que les mentalités ont évolué, la mise en application doit suivre. »
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