Hier matin, à deux pas de son QG jalousement protégé du boulevard Saint-Germain, la candidate débarque, droite dans ses escarpins. Dans toutes ces tempêtes, vous la pensez à terre ? Il n’en est rien. Détendue. Sereine. Et alors, ce mercredi noir, ces sifflets au stade Bobin de Bondoufle. « Ceux d’enfants de 10 ans », (qui n’attendaient qu’une chose : voir les joueurs sur la pelouse) « ce n’est vraiment pas méchant !!! »
« Une affaire d’ego ! »
Passons au plat du jour : la démission d’Eric Besson, le « monsieur chiffrage » du pacte présidentiel, qui fait tant de bruit ? Son départ, n’est-ce pas une claque ? « Eric Besson ne fait pas partie de mon équipe ! » répond Ségolène. « C’est un problème entre François Hollande et lui ! ». « Certes, reconnaît-elle, ce n’est pas très agréable ». « Une affaire d’ego ! » poursuit-elle. Pourtant, au Parti, ça a chauffé. Le député s’est bien énervé. Le premier secrétaire aussi. François Hollande a repris les choses en main. Il est vrai que tout ne baigne pas dans les équipes de campagne de la candidate et la rue de Solférino. On y sent, pour le moins, de la nervosité... Tout cela, dit-elle, c’est aussi parce qu’elle a une autre façon de faire de la politique.
Laisser « infuser » le pacte
Réunir le PS, les équipes de Désirs d’avenir, les militants en une jolie famille unie, ce ne pouvait être facile. Mais, tout ce petit monde va finir par se rassembler, lance-t-elle dans un sourire. Et ces sondages, qui ne sont pas bons ? « C’est la musique que l’on entend à la radio, à la télé » : il faut, à l’entendre, y regarder de plus près. Dans l’un des sondages, elle remonte de trois points au premier tour ! Et les élections ne sont que dans deux mois ! Il faut laisser « infuser » le pacte... Le chiffrage du pacte revient sur le tapis. A Villepinte, dit-elle, j’ai « démarré par la dette ! Je n’ai pas promis de lendemains qui chantent ». Chiffrer, ce sera fait. Les impôts ? Elle botte en touche : un groupe de travail planche sur le sujet. Des certitudes : l’impôt sera au service du projet ; il n’y aura pas d’augmentation des prélèvements obligatoires. Ce qui est capital, selon elle, c’est la relance économique, la réforme de l’Etat qui créera une dynamique des territoires, des régions !
Des réunions de « l’espérance »
S’attendait-elle à une campagne aussi violente ? Elle n’est, en rien, surprise. Elle ajoute dans un éclat de rire : « J’ai été entraînée par le débat interne au parti ! ». « Le procès en incompétence est toujours là, poursuit-elle, en interne et en externe ! » Explication ? « Un vieux fond de misogynie ! ». Trois fois ministre, quatre fois députée, elle a décroché le Poitou-Charentes : « N’importe quel homme qui aurait mon "pedigree" ne serait pas ainsi attaqué ! ». Mais elle a dépassé cette phase d’indignation ! Zen. Elle est entrée désormais « dans la phase de relation avec les Français ». Expliquer, expliquer : elle veut partout des réunions de « l’espérance ». Il lui en faut.
Ségolène Royal a prononcé hier à Dunkerque un éloge de « l ’ école de la République » : « Nous stabiliserons sur les cinq années de la législature les moyens, pour sécuriser, apaiser, harmoniser les relations entre l ’ école et la nation . » Auparavant, les crédits de l ’ Education supprimés pour la prochaine rentrée scolaire auront été « rétablis » , a-t-elle précisé. Les sommes nécessaires seront en partie dégagées par l ’ abandon du projet de construction d ’ un second porte-avions, a affirmé Ségolène Royal. La candidate s ’ est prononcée enfin pour la création d ’ un « soutien scolaire individualisé gratuit » , avec « une rémunération supplémentaire » pour ceux qui accompliront cette tâche.