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Présidentielle 2007 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Croissance. Comment la doper ?

La croissance économique européenne a rebondi en 2006, notamment grâce à un quatrième trimestre vigoureux et au dynamisme de l’Allemagne, mais la France est restée à la traîne. Selon une première estimation de l’Insee, la croissance de l’économie française devrait atteindre 2 % en 2006. Face à ce décrochage, les marges de manœuvre des candidats à la présidentielle apparaissent réduites, surtout si l’on prend en compte le poids de la dette.

Le taux de croissance décevant de 2 % enregistré par l’économie française en 2006 pourrait, à lui seul, résumer les handicaps d’un pays qui ne sait pas exploiter ses atouts. Inférieur aux prévisions mais surtout à ceux de pays européens comparables, ce résultat éclaire la principale faiblesse que constituent les exportations et ses conséquences, un chômage atypique, un endettement préoccupant.
Une croissance encore trop faible
Sur le tableau de bord de la conjoncture pré-électorale, deux cadrans affichent des aiguilles dans la zone positive. C’est d’abord celui du chômage dont la baisse statistique a été de 10 % au cours de la seule année 2006 ; à 8,6 % de la population active, le taux officiel retrouve son niveau de juin 2001. L’autre cadran positif est celui du déficit du budget de l’Etat qui est descendu à 2,7 % du PIB, en-deçà du fameux critère de Maastricht à 3 % du PIB. Le mérite en revient au gouvernement Villepin et à son ministre des Finances, Thierry Breton, qui ont su tirer parti d’une conjoncture favorable pour les recettes de l’Etat. Le cadran le plus important - comparable à celui qui indique le régime du moteur d’une automobile - est morne. Etablie à 2 %, la progression des richesses produites en un an par les Français n’est certes pas négligeable. Mais elle est inférieure de 0,5 point à ce que le gouvernement espérait ; elle est surtout inférieure à la moyenne européenne qui est de 2,9 % et notamment à celle des Allemands (+ 2,7 %) et des Espagnols (+ 3,8 %). Un taux de croissance insuffisant a deux conséquences : il interdit un financement spontané des programmes présidentiels de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal ; il ne permet pas la réduction automatique de la dette publique.
Les exportations en déclin
Pourquoi une croissance relativement maussade ? Essentiellement à cause de l’affaissement, très préoccupant, de nos capacités d’exportation. S’il fallait une seule courbe pour illustrer le thème du déclin de la France, ce serait celle qui montre la chute vertigineuse, depuis 1992, de la part des marchandises et services tricolores dans les échanges mondiaux : 6,5 % de « made in France » il y a quatorze ans, moins de 2 % aujourd’hui. Evoquer un déclassement industriel n’est pas exagéré car, si le luxe et l’agroalimentaire sont toujours appréciés à l’étranger, les biens d’équipements, les services et technologies à haute valeur ajoutée consacrent une inadaptation au monde tel qu’il est : globalisé et en demande d’innovation. Soumise aux mêmes contraintes pétrolières que nous, l’Allemagne se réjouit d’une différence positive de 162 milliards entre ses exportations et ses importations tandis que la France s’afflige, elle, d’un solde négatif de 30 milliards. D’où, d’ailleurs, le bond en avant de la croissance allemande.
Pas assez de grosses PME innovantes
Trois raisons expliquent le décrochage de la France dans la compétition mondiale. L’une est structurelle : il n’y a pas suffisamment de grosses PME innovantes employant entre 50 et 500 salariés hautement qualifiés. L’autre est traditionnelle : le secteur privé n’investit pas assez dans la recherche et le développement. La troisième est liée au poids de la dette qui rétrécit les marges de manœuvre : l’Etat n’a pas plus les moyens de développer une recherche publique digne d’une grande puissance. Faute d’innovation, d’exportations, et de croissance, le taux d’emploi des Français est le plus bas d’Europe. Le vrai chômage coûte plus de 75 milliards par an au pays. D’ooù les déficits, l’endettement public et la paralysie progressive de la puissance publique.
Ce que proposent les candidats.

François Bayrou. Interdire la présentation d’un budget de l’État en déficit de fonctionnement ; remettre à plat la fiscalité en assurant une meilleure égalité de tous devant l’impôt ; transférer des charges pesant sur le travail comme la CSG.
Olivier Besancenot. Annuler le remboursement de la dette publique ; supprimer les impôts indirects comme la TVA ; taxer lourdement le capital ; alléger l’impôt sur les revenus du travail.
Marie-George Buffet. Réduire la TVA ; transformer l’impôt sur le revenu en augmentant le nombre de tranches d’imposition et en relevant le taux marginal à 55 % ; doubler le taux de l’impôt de solidarité sur la fortune pour les patrimoines les plus élevés ; limiter le montant de la taxe d’habitation à 20 % du revenu mensuel net perçu.
Arlette Laguiller. Augmenter l’impôt sur le revenu surtout dans les tranches les plus hautes ; surimposer les revenus boursiers ; supprimer la TVA pour les produits de première necessité.
Jean-Marie Le Pen. Limiter le montant de la pression fiscale à 35 % au plus du PIB ; réduire les dépenses publiques et sociales ; supprimer progressivement l’impôt sur le revenu ; supprimer les droits de succession au sein de la famille ; supprimer l’ISF; détaxer l’épargne populaire.
Ségolène Royal. Réviser la politique d’exonération des cotisations sociales pour favoriser la progression des bas salaires ; harmoniser les bases fiscales de l’impôt sur le revenu, qui seront élargies, avec celles de la CSG, qui sera progressive ; revenir sur les réductions d’impôt accordées en 2002 aux hauts revenus ; supprimer le bouclier fiscal ; réduire l’impôt sur les sociétés pour celles qui réinvestissent leurs bénéfices et l’augmenter pour celles qui les distribuent aux actionnaires.
Nicolas Sarkozy. Créer un impôt sur les sociétés à taux réduit au profit des entreprises de moins de 50 salariés qui mettraient en place un régime de participation ; ramener la dette publique à 60 % du PIB d’ici à 2012 ; n’autoriser le déficit budgétaire que pour financer des dépenses d’investissement ; abaisser à 50 % le bouclier fiscal en intégrant la CSG et la CRDS ; introduire dans la Constitution un taux maximum de prélèvements obligatoires à l’échelle de la Nation ; viser à ce que 95 % de ceux qui déclarent des droits de succession en soient exonérés.
Philippe de Villiers. Baisser unilatéralement la TVA dans la restauration ; instaurer des tarifs douaniers protecteurs mais fluctuants aux frontières de l’Europe.
Dominique Voynet. Revenir sur toutes les baisses d’impôt de l’actuel gouvernement ; supprimer le bouclier fiscal ; stabiliser la dette publique ; asseoir la taxe d’habitation sur le revenu du ménage et non sur la valeur locative du bien.

Le 14/02


Un taux de croissance insuffisant ne permet pas la réduction automatique de la dette publique. (Photo Claude Prigent)
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