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VENDEE GLOBE 2008
 
Présidentielle 2007 Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Sarkozy. Une «double vie» qui insupporte

Ministre et candidat, ce n’est plus possible : les opposants de Sarkozy, excédés, lui reprochent d’abuser de ses fonctions gouvernementales. A tel point que les socialistes auraient saisi le Conseil constitutionnel pour mettre fin à cette « double vie ».

« La double fonction de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, notamment en charge de l’organisation des élections, et simultanément candidat à l’élection présidentielle, crée une confusion des genres particulièrement préoccupante : déplacements en France et à l’étranger avec les moyens de l’Etat, déclarations et visites, mise à contribution des services de renseignements et mobilisation régulière des préfets. » Dans leur courrier au président du Conseil constitutionnel, les socialistes ont demandé de « garantir l’impartialité de l’Etat ». Traduisez par « imposer la démission de Sarkozy de la place Beauvau ». Une source proche de l’institution faisait toutefois remarquer, hier, que rien ne s’opposait à ce qu’un ministre soit en même temps candidat : le Conseil peut seulement rappeler un certain nombre de règles, essentiellement sur l’utilisation de moyens publics.
Tests ADN sur le scooter du fils Sarkozy
François Bayrou s’est, de son côté, emparé d’une autre affaire : l’arrestation, grâce à des recherches d’ADN, de jeunes gens soupçonnés d’avoir volé le scooter d’un fils de Nicolas Sarkozy. Pour le candidat UDF cet événement révèle une situation de « deux poids deux mesures ». Le député PS Jean-Pierre Blazy s’étonne quant à lui des « moyens importants et coûteux » mis en œuvre, soulignant que « l’Etat n’est pas au service de la famille Sarkozy ». Et un syndicat de policiers minoritaire, Action-police CFTC, a demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire, jugeant intolérable « de jeter l’opprobre sur la police en la faisant passer pour une force publique non pas au service de tous mais plutôt au service particulier de quelqu’un ». « Franchement, la campagne ne doit pas prêter à des attaques aussi stupides et aussi basses », a rétorqué le ministre de l’Intérieur, en déplacement à Londres, demandant de « laisser (ses) enfants en dehors de tout cela ». Il a simplement réaffirm é qu ’ il ne sera plus ministre « quand la campagne officielle démarrera » , le 9 avril.
Point de vue Par Hubert Coudurier La schizophrénie gouvernementale
Quand un ministre de l’Intérieur dit au président « Je fais ce que je veux », parce qu’il est désormais dans le temps de la campagne, alors que celui qui l’a nommé veut gouverner jusqu’au bout et pas se contenter d’expédier les affaires courantes, on peut se demander si cette situation légèrement schizophrénique peut perdurer. Combien de temps encore Jacques Chirac pourra-t-il retenir par l’élastique ses ministres, comme Michèle Alliot-Marie, qui voulait s’afficher avec Nicolas Sarkozy à l’occasion de son déplacement à Londres, marqué par un meeting avec les Français de l’étranger comme on en a rarement vu ? En rabrouant Xavier Bertrand, le porte-parole du candidat UMP qui contestait le CNE, sur lequel repose une partie de son bilan, Dominique de Villepin a marqué les limites de son association avec le présidentiable de la droite pour les semaines à venir. Du coup le Premier ministre, qui se trouvait bien seul lors de sa conférence de presse mensuelle mais n’entend pas se faire oublier, en a profité pour valoriser ses résultats en matière d’emploi et de désendettement. Tout en contestant le principe du contrat de travail unique sur lequel travaillent les sarkozystes. De quoi apporter, même si Villepin s’en défend, de l’eau au moulin des socialistes, qui exigent le départ du ministre de l’Intérieur de la place Beauvau afin de garantir un Etat impartial. Tandis que le chef de l’Etat déroule son agenda international sur fond de crise au Proche-Orient et que le chef du gouvernement intervient concrètement dans la vie des Français, du droit au logement opposable à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, il y a désormais deux logiques institutionnelles qui s’opposent. Le temps d’une clarification semble donc venu. Reste à savoir si les chiraquiens sont prêts à en prendre le risque. Entre la défense des grands principes et le confort d’une fin de mandat tranquille, Chirac doit choisir.
Bayrou.
François Bayrou (UDF) a refusé hier de dire qui, de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, il soutiendrait au second tour de la présidentielle le cas échéant . « Je refuse cette question, elle est en elle-même le piège auquel je veux échapper , a-t-il affirmé sur RTL. Si j ’y répondais , cela v oudrait dire que ma démarche de renouvellement de la politique n ’ est pas sincère, qu ’ en réalité, je roulerais pour un camp ou pour un autre . » (Photo AFP)
Patrimoine immobilier de Royal.
Le Canard Enchaîné affirme dans son édition d’hier que les Renseignements généraux (RG) ont enquêté sur le patrimoine immobilier de Ségolène Royal . U ne information démentie hier soir dans un communiqué par la Direction des RG . Selon le Canard, la direction des R G a donné fin novembre 2006 « l ’ ordre sans équivoque » de se mettre en quête de toute information « sur le patrimoine immobilier » de la candidate socialiste. « Formidable coïncidence, deux mois plus tard » , ce travail « sera utilisé pour une campagne visant à déstabiliser le couple Royal-Hollande au sujet de son patrimoine » avec l ’ affirmation que « le couple a constitué une SCI pour échapper à l ’ impôt sur la fortune » , écrit le Canard au sujet d ’ une rumeur qui se révélera fausse.
RG.
Bruno Rebelle saisit la CNIL pour avoir accès à son dossier. Les avocats de Bruno Rebelle, membre de l’équipe de campagne de Ségolène Royal, ont déposé hier une requête auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour avoir accès à son dossier des Renseignements généraux (RG). Les RG ont reconnu la semaine dernière avoir actualisé ce mois-ci leur fiche sur l’ ancien président de Greenpeace France , devenu récemment conseiller à l ’ environnement de la candidate socialiste.

Le 31/01/2007


Tandis que ses adversaires lui reprochaient d’abuser de sa position de ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy était hier à Londres. Mais qui du candidat à la présidentielle ou du ministre a conversé avec le Premier ministre britannique, Tony Blair (ci-dessus) ? La « confusion des genres » règne, dénonce le PS. (Photo AFP)
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