« J’ai décidé de suspendre mon ingérence politique », a déclaré hier Nicolas Hulot, qui ne présentera donc pas à l’élection présidentielle. « Trois raisons » pour ce choix, a-t-il expliqué : la décision de « faire confiance à la parole des candidats », « une question d’honnêteté vis-à-vis des militants écologistes » qui risquaient de voir « réduire vulgairement à un simple chiffre un enjeu aussi magnifique » et enfin l’espoir que « l’élan du pacte va se transformer en un véritable lobby des consciences ».
Aucun soutien à un autre candidat
Pour autant, et s’il ne soutiendra « personne » dans la campagne et n’entend pas « distribuer les bons et les mauvais points », l’animateur n’envisage pas de relâcher la pression sur les politiques, auxquels il s’en est pris vertement. « Le pacte écologique, c’est une volonté de cesser de réduire la politique à quelque chose de mesquin et parfois de vulgaire », a-t-il déclaré, dénonçant notamment la « logique de partis qui s’affrontent plutôt que de se compléter ». Nicolas Hulot souhaite désormais rassembler le 31 janvier tous les candidats signataires du Pacte pour qu’ils expliquent leur position devant 50 personnes tirées au sort parmi les quelque 500.000 signataires du texte, sur lequel il espère réunir au total un million de personnes d’ici le premier tour de la présidentielle.
« Les promesses sont très vite oubliées »
Reste toutefois le risque que « le soufflé retombe », reconnaissaient à l’issue de la conférence de presse deux des proches de l’ex-futur candidat, Gérard Feldzer et Pierre Siquier. Un autre soutien de l’animateur, le Vert Jean-Luc Benhamias, était encore plus catégorique, tout en défendant sa paroisse : « La seule solution pour que ce qu ’ a dit Hulot soit suivi d ’ effet de la part des grandes formations politiques, c ’ est que Dominique Voynet et les Verts dépassent la barre des 5 % à la présidentielle. Sans rapport de force, les promesses sont très vite oubliées en politiqu e. »
Nombre de candidats à la présidentielle, plus encore à gauche qu ’ à droite, ont poussé un soupir de soulagement hier à l ’ annonce par Nicolas Hulot qu ’ il ne serait pas en lice pour l ’ Elysée.
Bonus pour Royal
Même si les candidats ont été discrets dans leur satisfaction, les comptes étaient vite faits : selon les sondages, les 10 % de voix que prenait Hulot candidat devraient revenir d ’ abord à Ségolène Royal, à qui il prenait 3 à 4 % des voix, puis à Nicolas Sarkozy (2 à 3 %), mais aussi à Dominique Voynet, qui court dans le même créneau, et à un moindre degré à François Bayrou.
Engagements « respectés »
Tous ont toutefois affirmé qu’ils respecteraient leurs engagements, « scrupuleusement » pour Nicolas Sarkozy, « en l’intégrant à (son) programme » pour Ségolène Royal ou encore « autant qu’il le voudra » pour François Bayrou. Seule Dominique Voynet a ouvertement reconnu sa satisfaction, expliquant que le retrait de l’animateur rendait « plus facile » sa propre campagne. Désormais, « il me revient que les attentes du peuple de l’écologie ne soient pas déçues ». La chasse aux voix « hulotistes » a commencé.