Hollande. «N’oublions pas le 21 avril...»
C’est sur les terres morbihannaises de son ami de longue date Jean-Yves Le Drian que François Hollande a choisi de lancer hier la campagne présidentielle du Parti socialiste. Plus d’un millier de personnes l’ont acclamé, dans la soirée, à Pontivy pour son premier meeting.
Il n’y avait pas assez de places pour tout le monde dans l’amphithéâtre du Palais des congrès. Un écran géant avait même été installé dans une pièce attenante pour satisfaire tout le monde. Objectif de cette vaste mobilisation : resserrer les rangs « pour que le 22 avril, le vote utile soit indispensable, puis que le 6 mai nous ayions accompli nos tâches », comme l’a assuré Gwendal Rouillard, le premier secrétaire fédéral du Morbihan. Le 21 avril 2002 dans toutes les têtes Resserrer les rangs, preuve en était faite une heure plus tôt, dans un bar de Ploërmel où une autre ovation attendait François Hollande, venu soutenir Béatrice Le Marre, la candidate aux législatives. « On m’avait dit : il se passe quelque chose à Ploërmel... Parce qu’il s’en passe des choses ici... Mais moi, je suis venu voir le meilleur et soutenir la meilleure sur une terre de conquête ». Adepte du bon mot, il lance, avant de partir sous les flashs de dizaines d’appareils photos et de téléphones portables : « Si Béatrice gagne, promis, je ne lui ferai pas ériger une statue ». Outre le clin d’œil à la récente actualité ploërmelaise, François Hollande avait avant tout fait le déplacement pour encourager ses militants. Tout au long de l’après-midi, que ce soit à Lorient, où il soutenait Françoise Olivier-Coupeau, qui brigue le mandat porté jusque-là par Jean-Yves Le Drian, mais aussi à Questembert chez Paul Pabœuf, ainsi qu’à Ploërmel et, enfin, chez Jean-Pierre Le Roch à Pontivy le soir : « N’oublions pas qu’il y a un premier tour... » Le 21 avril 2002 est encore dans toutes les mémoires. « Menons les batailles les unes après les autres. Mais si nous gagnons cette présidentielle, il faudra être prêt dès le lendemain et il faudra à Ségolène une majorité claire au Parlement. » « Ségolène » n’était pas présente, hier, dans le Morbihan, mais son nom était sur toutes les lèvres. « Le 22 avril, je ne veux pas d’un Sarko-Le Pen mais encore moins d’un Ségo-Le Pen », a asséné Bernard Poignant au micro. « Il faut un vrai combat, n’en déplaise à M. Bayrou. La confrontation doit être claire au second tour : Sarkozy-Royal. Et je préfère que la France soit gouvernée par une femme de gauche plutôt que par un homme de droite même s’il cite Blum et Jaurès ! »
« La priorité de la mer doit être affirmée »
« Je suis à Lorient pour retrouver des amis qui me sont chers et une amie, Françoise Olivier-Coupeau sur son terrain d’élection. » D’une pierre deux coups. François Hollande est venu à Lorient soutenir la candidate PS aux législatives de juin, mais aussi rencontrer une quinzaine de professionnels du monde de la pêche. Les pêcheurs lorientais lui ont fait part de la nécessité pour eux d’avoir une lisibilité sur l’avenir en matière de quotas de pêche. Ils ont plaidé pour une cogestion de la ressource, en demandant le soutien de l’Etat. « La priorité de la mer doit être affirmée », a déclaré François Hollande, en rapportant que Ségolène Royal avait la volonté de tirer profit d’une politique maritime. « Il faut créer un environnement favorable à la mer et à la pêche, en liaison avec les collectivités territoriales. » A la question d’un futur ministère de la Mer, si Ségolène Royal est élue, François Hollande a répondu : « Ce n’est pas à moi de le dire. »
Fiscalité : « Ségolène Royal arbitrera »
Devant les tensions provoquées par ses propositions fiscales, François Hollande a reconnu qu’il s’exprimait « à titre personnel » quand il a suggéré de viser les contribuables gagnant plus de 4.000 euros. « Ségolène Royal arbitrera », a-t-il ajouté. Hier soir, Julien Dray, coordonnateur des porte-parole de Royal, a estimé « que les salariés gagnant 4.000 euros nets ne font pas partie des privilégiés » .
Point de vue Par Hubert Coudurier Deux pour le prix d’un
Il fut un temps où Bill Clinton répondait aux critiques de ceux qui s’insurgeaient de la propension de Hillary à mettre son nez partout, et notamment dans les réunions du Conseil de sécurité : « Ne vous plaignez pas. Vous en avez deux pour le prix d’un », répliquait invariablement le président américain. On pourrait décalquer cette image sur le couple Hollande-Royal. A l’occasion des vœux à la presse du premier secrétaire du PS, on ne pouvait qu’être frappé par l’argumentation de ce maître dialecticien. Rien à voir avec le flou de la candidate et sa pratique de l’esquive qui ont quelque peu brouillé son entrée en campagne. Du moins, si l’on en juge par un sondage de Libération, selon lequel l’UMP serait devenu un parti plus populaire que le PS. Médiocre à l’international où elle fit l’effet d’une débutante, absente lors de la crise des SDF sur laquelle Jacques Chirac a fondu avec avidité, Ségolène vient de trouver un renfort naturel en la personne de François. Lequel a su trouver les mots que les militants attendaient pour contrer le sacre du ministre de l’Intérieur. Au point que l’on peut se demander, s’il n’y a pas un véritable partage des rôles au sein du couple, après s’être interrogé sur les annonces du premier secrétaire concernant la hausse des impôts. Ne cherchait-il pas inconsciemment à affaiblir la candidature d’une femme portée par les médias, ayant eu le toupet de le doubler en recueillant l’investiture du parti à la présidentielle ? A tout le moins, cet homme ne manque pas de classe; alors que la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes vient de propulser en première ligne Dominique Strauss-Kahn, l’ancien ministre de l’Economie, qui, la veille encore, soulignait ses désaccords avec la vision étatiste du premier secrétaire. Au clivage droite-gauche opportunément réactivé par François Hollande, venaient ainsi se greffer les tensions supposées au sein d’un couple politique, dont on sait qu’il est malgré tout un vrai couple. Mais l’amour n’est-il pas aussi un combat ?
Nicolas Sarkozy. Retour aux sources
Nicolas Sarkozy, toujours très attentif aux symboles, n’a certainement pas choisi par hasard sa première destination de candidat. Pourquoi le Mont Saint-Michel et Saint-Malo ? Pour illustrer par l’itinéraire trois thèmes forts de sa campagne : le rassemblement, la valeur travail, et l’accession à la propriété.
Bien sûr, la Merveille de l’Occident est un site grandiose et emblématique, autant chargé d’histoire que riche d’avenir avec l’immense chantier de remise en eau. Et, si le Mont est idéal pour immortaliser en carte postale une entrée en campagne, il se trouve aussi qu’il appartient à la circonscription briguée par le très chiraquo-villepiniste ministre de la Famille, Philippe Bas. Comme main tendue aux sarko-boudeurs, on ne pouvait trouver mieux. « Oui, il faut y voir un geste d’apaisement », devait confirmer Philippe Bas, visiblement ravi d’accueillir le champion de l’UMP en recevant le relais d’un rabibochage auquel il semble vouloir croire. L’UMP, conçue en Bretagne Saint-Malo est également un haut lieu de la jeune histoire de l’UMP. Comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy en s’adressant aux militants massés au Palais du Grand Large, c’est ici qu’a été conçu « le grand parti de la droite et du centre ». Beaucoup l’ont oublié, mais c’est à l’initiative du député-maire du lieu, René Couanau (alors UDF), que s’est tenue en novembre 2001 la réunion fondatrice de l’éphémère UEM (Union en Mouvement) qui devait donner naissance à l’UMP, trois mois plus tard au Bourget. Ce jour-là comme hier, Sarkozy, Fillon et Méhaignerie se partageaient l’estrade malouine devant des militants enthousiastes. L’hommage à la Bretagne travailleuse Comme lors de ses précédentes visites en Bretagne, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à l’identité d’une région sage (« ce n’est pas parce qu’ici on ne brûle pas les voitures, qu’on ne doit pas s’occuper de vous), travailleuse avec son taux de chômage le plus bas de France, mais peu fortunée avec un salaire moyen parmi les moins élevés. Après les agriculteurs salués au Space voici trois ans, puis les ouvriers des abattoirs de Vitré qui l’avaient ovationné l’an passé, il a voulu honorer les marins-pêcheurs et la filière océano-alimentaire en visitant l’usine Comaboko, leader européen du surimi, avant de plonger dans la salle surchauffée où 1.500 militants debout, essentiellement des retraités, cuisaient à l’étuvée depuis une heure et demie. Le programme, on le connaît : dépoussiérer les politiques d’assistanat « parce que le meilleur modèle social est celui qui donnerait un emploi à tout le monde », « travailler plus pour gagner plus » et pouvoir devenir propriétaire de sa maison, tendre la main « à ceux qui en ont besoin », mais ne rien faire « pour celui qui n’est pas décidé à faire pour lui-même ». Parce que « la République, ce n’est pas donner la même chose à tout le monde, mais donner à chacun selon son handicap et son mérite ». A en juger par les applaudissements qui ont ponctué ses propos, la foule venue l’écouter a entendu ce qu’elle était venue chercher : une ligne politique inspirée par l’exemple d’un modèle breton dynamique et industrieux.
nicolas hulot.
mystère entretenu autour de sa candidature . En visite à Nantes, Nicolas Hulot a réaffirmé hier qu ’ il était susceptible de se présenter à l ’ élection présidentielle. Alors qu’il doit faire part de sa décision le 22 janvier , il se réserv e toutefois la possibilité de prendre quelques jours de réflexion supplémentaires, parce qu’il se trouv e face à « un choix cornélien ».
Louis Le Pensec.
avec Royal pour gagner l’Outre-mer. Ségolène Royal entend s’appuyer sur l’aura du sénateur Louis Le Pensec pour grappiller le maximum de voix Outre-Mer. Ancien ministre d’Etat aux départements d’Outre-Mer de 1988 à 1993, le Finistérien accompagnera ainsi la candidate socialiste en Guadeloupe et à la Martinique les 24, 25 et 26 janvier. Et c’est en « ségoléniste » convaincu que le vice-président du conseil général du Finistère devrait ensuite poursuivre, en solo, la tournée des territoires éloignés. (Photo Claude Prigent)
candidature de chirac.
c’est de « la politique fiction ». Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, a qualifié hier de « politique fiction » l’hypothèse d’une candidature de Jacques Chirac à la présidentielle et affirmé ne pas douter que Dominique de Villepin « rejoindra » Nicolas Sarkozy. Il a ajouté que Jacques Chirac ferait part de sa décision, « semble-t-il, à la fin du mois de février ». Par ailleurs, le président de l’UMP a fait savoir hier qu ’ il s ’ était entretenu dans la matinée par téléphone avec le président Jacques Chirac.
gérard Schivardi .
« pas loin de 400 » promesses de signatures . Gérard Schivardi, candidat à l ’ élection présidentielle soutenu par le Parti des travailleurs, a affirmé hier qu ’ il n’était « pas loin de 400 » promesses de signatures d ’ élus. Gérard Schivardi, maire de Meilhac, dans l ’ Aude (300 habitants), a été désigné par un groupe de maires , principalement ruraux . Il bénéficie du soutien du Parti des travailleurs, pour qui , il est « le seul candidat à prôner la rupture avec l ’ Union européenne » .
Gaël Le Saout. 16/01/2007
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