Dans la foulée des élections de 2001, les listes FDSEA-Jeunes Agriculteurs tenteront de réaliser le grand chelem dans les quatre départements bretons. Deux présidents, et non des moindres, ne se représentent pas : Michel David en Ille-et-Vilaine, et surtout Jean Salmon, président de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor et de la Chambre régionale de Bretagne, patron incontesté de l’agriculture bretonne.
Finistère : l’inconnu de la Coordination rurale
Dans le Finistère, Jacques Jaouen (FDSEA-Jeunes agriculteurs), l’homme qui a fait tomber René Quéméré (UDSEA-Confédération paysanne) en 2001, reste le favori, mais le combat sera rude et le scrutin plus serré. Pour remonter le courant, l’UDSEA 29 a placé une femme, consensuelle et offensive, à la tête de sa liste, Joëlle Huon, la présidente départementale du syndicat. C’est une première dans le Finistère. Dans le département de la pointe de Bretagne, l’inconnu de ces élections tient à la présence, pour la première fois, de la Coordination rurale, emmenée par Jean-Michel Favennec. Elle va brouiller les cartes, mais à quelle hauteur ? En 2001, dans les départements voisins des Côtes-d’Armor, du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine, la Coordination rurale a réalisé respectivement des scores de 9,23 %, 15,22 % et 15,61 %.
Trois listes en Morbihan
Dans le Morbihan, trois listes vont s’affronter. Celle de la FDSEA et JA, est emmenée par le président Laurent Kerlir, 42 ans, de Ploemeur. En cas de victoire, le président sortant, Yves Le Gourrierec (Bubry), au 5 e rang sur la liste, est partant pour un 3 e mandat. La Confédération paysanne, emmenée par Jean-Louis Le Normand, 52 ans, avait fait une percée en 2001 avec 28,6 % en hausse de 10 points. Peut-elle faire mieux ? La Coordination rurale conduite par Jean Provost entend pour sa part profiter de l’exaspération ambiante pour récolter plus que les 15,2 % de 2001.
Quatre listes en Côtes-d’Armor
Dans les Côtes d’Armor, quatre listes sont en présence. La liste FDSEA-JA est conduite par Olivier Allain, président de la FDSEA et incontestablement l’homme qui monte dans le département. En toute logique, cette liste part favorite. La question est de savoir si elle atteindra le score de la liste de Jean Salmon qui avait recueilli 53,61 % des voix en 2001. En face, on trouve Thierry Thomas le « monsieur porc » de la confédération paysanne et spécialiste des dossiers environnementaux. Il emmène pour la deuxième fois la liste de ce syndicat qui avait obtenu près de 32 % des voix en 2001. La Troisième liste est celle du Modef conduite par son représentant national Xavier Compain. Ce syndicat a vu son électorat s’effriter au fil des années. Il avait obtenu 5,57 % des voix en 2001 contre 8,68 % en 1995. La surprise pourrait venir de la Coordination rurale. Déjà présente en 2001, elle avait obtenu 9,11 % des voix en grignotant des voix dans les autres camps.
Dans chaque département, la chambre d’agriculture représente les intérêts de la profession agricole auprès des pouvoirs publics. Sa mission principale reste le développement agricole. Etablissement public professionnel, la chambre d’agriculture est un organisme consulaire, au même titre que les chambres de commerce et d’industrie ou les chambres de métiers. Toutes les composantes du monde agricole sont représentées au sein la chambre d’agriculture, à travers 10 collèges électoraux (voir l’infographie) et des administrateurs du centre régional de la propriété forestière. La chambre d’agriculture joue un rôle essentiel en matière de développement agricole à travers des services, collectifs ou individuels (formation, installation, gestion des exploitations...), destinés aux agriculteurs, aux salariés, et aussi aux collectivités locales (aménagement du territoire, reconquête de la qualité de l’eau...). Le financement des chambres d’agriculture est assuré par la taxe foncière (de 45 à 55 %), les subventions départementales, régionales, nationales et européennes (15 à 20 %), le reste par la facturation des services.