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Les grandes affaires criminelles Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Clarisse et Erwan. La vérité enfin ?

L’énigme du double meurtre d’un jeune couple de Brestois, pendant l’été 2003, à Brest, va-t-elle voler en éclats lors du procès qui s’ouvre à partir de demain, et pour quinze jours, devant la cour d’assises de Loire-Atlantique ? Les trois principaux mis en cause, âgés, à l’époque des faits, de 16 à 30 ans, se sont toujours mutuellement rejeté la responsabilité des assassinats. Les familles attendent la vérité.

Ils étaient venus pour voler une Audi TT et un 4X4 Toyota. Dans la nuit du 19 au 20 août 2003, ils sont repartis avec les voitures. Et deux cadavres. Les corps des propriétaires du pavillon qu’ils étaient venus cambrioler, à Brest. Clarisse Lignez avait 32 ans, et Erwan Duramé, 29 ans. Les restes de leurs cadavres carbonisés seront retrouvés, quatre jours après leur disparition, dans des sacs de surf immergés dans un étang, en Vendée. Les cambrioleurs présumés - trois hommes âgés de 16 à 30 ans - ont été très rapidement interpellés, ainsi que deux autres personnes suspectées de les avoir aidés à faire disparaître les corps.
Un trou de plus de huit heures
Qui a tué Clarisse et Erwan ? Ni l’instruction menée par le juge d’instruction brestois, ni celle de celui qui lui a succédé, après son dessaisissement par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes, il y a un an, n’auront permis de répondre à cette terrible question. Depuis le début de l’affaire, les trois principaux mis en examen - Gérôme B, aujourd’hui âgé de 20 ans, Stéphane Planchet, 33 ans, et Saïd Abdellaoui, 25 ans - se rejettent, en effet, mutuellement la responsabilité des meurtres. Impossible de faire la lumière sur le déroulement exact des faits. Entre l’arrivée de Clarisse à son domicile, vers 19 h, celle d’Erwan, vers 21 h, et le départ des voitures, vers 4 h 30, rien n’a filtré. Les enquêteurs butent sur un trou de plus de huit heures. Pourquoi un tel silence ? Personne ne comprend. D’autant plus qu’un aveu n’alourdirait pas la peine que les trois mis en cause ont désormais au-dessus de leur tête : la réclusion criminelle à perpétuité. Pas besoin de savoir qui a donné la mort. Les trois hommes sont poursuivis pour des faits (séquestration suivie de mort, vol accompagné de violences ayant entraîné la mort), dont la peine encourue est équivalente à celle prévue pour un assassinat. Les enquêteurs craignent que les trois meurtriers présumés aient « quelque chose de pire à cacher ». Pire que le meurtre et la crémation de deux êtres humains.
La vérité à huis clos ?
Libre et sous contrôle judiciaire, le frère de Stéphane Planchet, Eric, comparaît lui aussi devant la cour d’assises de Loire-Atlantique. Il est poursuivi pour recel de vol accompagné de violences ayant entraîné la mort, et destruction par incendie de cadavres. Il était en Vendée, dans la maison familiale, non loin de l’étang, au moment des faits. Sa mère et deux autres de ses frères sont poursuivis pour le recel des voitures volées. Un simple délit auquel ils devront répondre, ultérieurement, devant un tribunal correctionnel. Gérôme B. comparaît lui aussi libre, sous contrôle judiciaire. Mineur au moment des faits, il ne pouvait légalement subir plus de deux années de détention provisoire. Il a donc été relâché l’an dernier... avant de replonger, moins de trois mois après sa libération, et d’être réincarcéré six mois, pour vol de chéquier. Il a déjà purgé sa peine. Le procès d’assises devrait se dérouler à huis clos, toujours en raison de l’âge de Gérôme B., âgé de 16 ans et quatre mois au moment des faits.
Le rappel des faits

Nuit du 19 au 20 août 2003
***19 h. Clarisse Lignez, 32 ans, visiteuse médicale, rentre chez elle. Elle gare son 4X4 à côté de la maison qu’elle et son compagnon, Erwan Duramé, 29 ans, laborantin à la faculté de sciences, ont achetée quelques mois plus tôt . Il a fait très chaud dans la journée. La jeune femme prend une douche. C’est peut-être à cet instant, ou peu après, qu’une ou plusieurs personnes s’introduisent chez elle. Ces mêmes personnes avaient déjà inspecté la maison, plus tôt dans l’après-midi.
***21 h. Erwan rentre à son tour, au volant de son Audi TT.
***3 h 30. Une habitante qui réside à 250 m du domicile du jeune couple voit les deux voitures se garer devant le domicile de son voisin, Stéphane Planchet.
***5 h 30. Deux individus retirent 870 €, en deux fois, avec la carte d’Erwan, à un distributeur situé à 300 m de la maison du couple. Une caméra vidéo filme la scène. La carte de Clarisse est avalée après trois tentatives infructueuses. Dans la foulée, les deux véhicules volés prennent la direction de la Vendée, au domicile des parents de Stéphane Planchet, à Champ-Saint-Père. (Photo archives Le Télégramme)

Vendredi 22 août
Très inquiète de la disparition du couple, la famille alerte la police. Plusieurs proches, qui passent la ville au peigne fin, repèrent le 4X4 de Clarisse, dans une rue du quartier Saint-Martin, à Brest. La police planque et interpelle, en fin de soirée, deux individus qui montent dans le véhicule. Il s’agit des deux individus filmés devant la banque.

Samedi 23 août
Stéphane Planchet est interpellé à Brest. La police pense alors que le couple est séquestré en Vendée. Une descente avec le GIPN est organisée. Le couple n’est pas retrouvé, mais les trois frères de Stéphane Planchet sont interpellés. Les auditions permettent de retrouver les corps mutilés et carbonisés, dans un plan d’eau, non loin du domicile des Planchet, en Vendée.

Vendredi 5 septembre
Obsèques du jeune couple à l’église Saint-Martin, à Brest. Une foule nombreuse adresse ses derniers adieux à Erwan et Clarisse. La ville est en état de choc.

Vendredi 19 septembre
Plus de 1.500 personnes manifestent silencieusement dans les rues de la ville, en hommage au jeune couple, et pour dire aussi leur « refus de la violence gratuite et aveugle ». « Cela aurait pu vous arriver à vous ou à vos proches », lance un membre de la famille de Clarisse à la foule. Un collectif est créé dans la foulée (700 adhérents) et une pétition lancée (12.872 signatures), remise en 2004 au ministre de la Justice.

Novembre et décembre
Les autopsies pratiquées fin août révèlent que Clarisse et Erwan ont été abattus d’une balle de 22LR dans la tête. Le juge d’instruction organise une première confrontation avec les trois principaux mis en examen, qui se rejettent la responsabilité du double crime. Ils restent en détention. Ludovic et Eric Planchet sont libérés et placés sous contrôle judiciaire. Ils n’ont pas participé aux faits brestois.

Février 2004
Première « reconstitution » (huit heures), à Brest, sous haute protection policière. Une seconde sera organisée, quatre mois plus tard, en Vendée (ci-dessous, la fermette de Champ-Saint-Père, où les corps de Clarisse et Erwan ont été transportés). (Photo archives Vendée Matin-Ronan Le Monnier).

Août 2005
Gérôme B., 16 ans et quatre mois au moment des faits, est libéré, sous contrôle juudiciaire. Une détention provisoire ne peut excéder deux ans pour un mineur. Abasourdies, les familles des victimes (ci-dessous) sont reçues par le procureur de Brest. (Photo archives Guillaume Meyer)

Septembre 2005
Le juge d’instruction brestois est dessaisi. Estimant que des actes d’instruction essentiels n’ont pas été réalisés, la chambre de l’accusation de la cour d’appel de Rennes confie l’enquête au doyen des juges d’instruction de Nantes.

Novembre 2005
Gérôme B. retourne en prison. Il est condamné à six mois de prison ferme pour avoir utilisé deux chèques volés au propriétaire de son appartement, pour acheter 1.300 € de boissons alcoolisées et de CD.

Avril 2006
Fin de l’instruction. Gérôme B. a purgé sa peine de six mois de prison ferme. Il est libre sous contrôle judiciaire.

Juin 2006
Pour une erreur administrative, le procès d’assises ne peut avoir lieu qu’à Nantes, dans le ressort du second juge d’instruction, et pas à Quimper (29), comme les familles des victimes en avaient fait la demande. La cour d’appel de Rennes décide de disjoindre les cas des frères et de la mère de Stéphane Planchet, obligeant à un second procès, plus tard, devant un simple tribunal correctionnel.
Des accusés impassibles
Qui pourrait donc faire parler Saïd Abdellaoui, Gérôme B. , Stéphane et Eric Planchet ? Trois ans après la disparition de Clarisse et Erwan, même la douleur des familles n’est pas parvenue à ébranler les quatre accusés. Il reste quatorze jours, dans ce procès qui s’est ouvert hier, à Nantes, pour tenter d’arracher la vérité sur le double meurtre commis à Brest, en août 2003.
Ils sont là, tous les quatre, dans le box des accusés. A gauche, Saïd Abdellaoui, méconnaissable avec ses lunettes rondes, son visage bouffi et ses cheveux courts. Stéphane Planchet, livide, le visage creusé, observe la salle. Son frère Eric, visage rond, cheveux ras, n’en finit pas de soupirer. A droite, Gérôme B., amaigri, visage anguleux, crâne rasé, regarde fixement devant lui. Il a eu 20 ans, le 4 novembre. Il y a quatre jours. Il sait qu’il risque, comme les trois autres accusés, la réclusion criminelle à perpétuité.

Huis clos
Il est 9 h 45. Le procès des quatre principaux mis en cause dans la disparition de Clarisse Lignez, 32 ans, et Erwan Duramé, 29 ans, débute par un long et lourd silence. L’ambiance est extrêmement tendue. Au bas du box des accusés, deux policiers d’élite du GIPN en civil, oreillette en place, gilet pare-balles sur le dos, sont sur le qui-vive. Dans la salle des pas perdus, une dizaine de leurs collègues dans leur carapace noire, pistolet mitrailleur en bandoulière pour certains, complètent le dispositif hors norme prévu pour ce procès. Neuf jurés - six femmes et trois hommes -, et leurs cinq suppléants, ont pris place aux côtés du président André Lourdel et de ses deux juges assesseurs. Le huis clos est prononcé. Les débats ne seront pas publics. Gérôme B. était mineur au moment des faits.

Le « courage » de Gérôme B.
Que vont déclarer les quatre accusés, à l’issue de la lecture des faits qui leur sont reprochés ? On le sait déjà. L’avocat de Gérôme B. - M e Labat - a déclaré un peu plus tôt, devant les caméras, que son client répéterait qu’il n’a « jamais participé au meurtre » du jeune couple. « Il a simplement fait le guet et il reconnaît aussi avoir porté atteinte à l’intégrité des cadavres. Il a eu le courage de venir aujourd’hui (*). Nous espérons que les autres vont enfin dire la vérité ». Les autres tiendront sensiblement le même discours.

Douleur des parents larmes des jurés
Pour les familles de Clarisse et Erwan, la situation est intenable. A la première pause, les deux mamans, le regard absent, s’effondrent devant les journalistes. « Nous n’avons même pas pu embrasser nos enfants. Ils ont mis leur corps dans un tel état qu’on ne nous a pas permis de les voir une dernière fois... Pourquoi eux ? Que leur est-il vraiment arrivé ? La vérité nous fait peur, mais on veut la connaître. On ne vit plus ». L’après-midi, les familles et les proches de Clarisse et Erwan ont commencé à raconter comment ils avaient vécu la disparition de leurs enfants, quelques jours avant que leurs cadavres ne soient retrouvés, carbonisés et mutilés, au fond d’un étang en Vendée. Pendant le récit de ces premiers faits, face à la douleur nue des familles, des jurés ont pleuré. Les quatre accusés, eux, sont restés impassibles. * Il comparaît libre (notre édition de lundi).
Un accusé promet la vérité
Après l’audition des premiers témoins, hier, la cour d’assises de Loire-Atlantique, à Nantes, entend aujourd’hui les quatre accusés, sur les faits. Saïd Abdellaoui a promis de dire « toute la vérité ».
« Je vais dire toute la vérité. Ce que j’ai fait et tout ce que j’ai vu et entendu ». C’est en substance ce qu’aurait déclaré, mardi soir, à la cour d’assises, Saïd Abdellaoui, l’un des trois principaux accusés dans le dossier du double meurtre de Clarisse et Erwan. S’agira-t-il d’une version de plus, dans ce dossier où la plupart des accusés ont livré, chacun, successivement, plusieurs témoignages très différents ? On imagine que ces révélations seront passées au crible par les avocats des trois autres accusés, et par les parties civiles. Seuls des éléments concrets, vérifiables, pourraient donner du crédit à cette nouvelle version.

Procès prolongé ?
Ces nouveaux éléments, et leur examen, pourraient faire prendre un peu plus de retard à ce procès, où beaucoup de questions sont posées. Hier, le président aurait évoqué l’éventualité d’aller au-delà des quinze jours initialement prévus pour faire la lumière sur cette affaire. Après l’audition des premiers témoins - des voisins et un agent de sécurité qui effectuait sa ronde à proximité du domicile du couple assassiné -, les témoignages d’un frère de Stéphane et Eric Planchet, puis de leur mère, ont, semble-t-il, été les plus marquants, hier. La mère aurait rappelé qu’elle n’avait « rien vu, rien entendu ». Tout juste aurait-elle concédé, après plusieurs hésitations, avoir senti « quelque chose de bizarre ». A quelques dizaines de mètres de sa maison, en Vendée, les corps de Clarisse et Erwan étaient en train de brûler...

La charge d’un frère Planchet
Tony, fâché avec le reste du clan depuis les événements, aurait pris ses deux frères à partie, les traitant de menteurs. Cette affaire, dans laquelle il est lui aussi poursuivi (*), lui a fait perdre, aurait-il dit, la garde de ses enfants, son travail, ses amis et son père, décédé depuis 2003. Tony aurait ensuite désigné Saïd Abdellaoui comme étant celui qui avait l’air du chef, en Vendée. Quant à Gérôme B. , toujours selon Tony, il aurait été celui qui jouait au dur et faisait le fier. Se tournant vers le box des accusés, il aurait finalement lâché : « Pour moi, ces trois-là sont coupables ». * En Vendée, sachant le Toyota 4X4 et l’Audi TT de Clarisse et Erwan volés, mais en ignorant les circonstances dramatiques, Tony Planchet avait malgré tout essayé les deux véhicules. Un délit dont il devra répondre, ultérieurement, devant un tribunal correctionnel.
Clarisse et Erwan : Deux perpétuités, 30 et 8 ans
Le verdict est tombé, hier soir peu après minuit. Après six heures de délibéré, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné Gérôme B. à 30 ans de réclusion cirminelle, Saïd Abdellaoui et Stéphane Planchet à la perpétuité. Eric Planchet écope d’une peine de huit ans de réclusion criminelle.
La réclusion criminelle à perpétuité. Le maximum prévu par la loi. Au terme d’un procès qui aura duré onze jours, c’est cette peine que les neuf jurés et les trois magistrats de la cour d’assises de Loire-Atlantique ont infligée à Saïd Abdellaoui, et Stéphane Planchet avec, respectivement 22 et 20 ans de sureté (*). C’est cette peine qu’avaient requise les deux avocats généraux, après trois heures d’un réquisitoire qui a démonté les versions des uns et des autres.
Personne n’a donc dit la vérité.Les avocats généraux ont dès lors considéré que les trois principaux accusés étaient coupables, tous les trois au même niveau. Cependant, et bien que les jurés aient levé « l’excuse de minorité » de Gérôme B. - fait rare - ce dernier, mineur au moment des faits, n’est condamné qu’à trente ans de réclusion criminelle.

La défense « piégée »
C’était l’une des «bizarreries» de ce procès. Aucun de ces trois mis en cause n’était accusé des meurtres de Clarisse et Erwan. Pourquoi?
Techniquement, il était impossible de prouver qui avait fait quoi. Et les trois accusés se rejettaient mutuellement la responsabilité des crimes. Pour l’accusation, c’était risquer, devant une cour d’assises, un acquittement: le doute doit toujours profiter aux accusés, dit la loi. En les poursuivant pour « séquestration suivie de mort, vol accompagné de violences ayant entraîné la mort, et atteinte à l’intégrité des cadavres », plus besoin de prouver qui a tué pour risquer, malgré tout, la réclusion criminelle à perpétuité. Plus besoin de faire « toute la lumière » sur les faits. Avec cette qualification, la défense se retrouvait en quelque sorte « piégée ».
Y a-t-il eu vol? Oui. Y a-t-il eu violences? Forcément oui. Y a-t-il eu mort? Encore oui. Les jurés devaient répondre à 34 questions. A chacune, ils ont répondu « oui ».

" Le pacte de l’horreur "
Mais les familles attendaient plus. Que s’est-il passé pendant les huit heures où le jeune couple a été retenu à son domicile ? Pourquoi avoir tué Clarisse et Erwan ? Pourquoi s’être acharné sur leurs cadavres ? Cette vérité, le procès n’est, semble-t-il, pas parvenu à l’établir. Pourquoi, sachant qu’ils risquaient la peine la plus lourde, les trois principaux accusés n’ont-ils pas raconté ce qui s’était passé ce soir-là ? Pourquoi n’ont-ils pas dit la vérité ? Pour l’accusation, l’explication était simple. Ils avaient quelque chose de pire à cacher. Les accusés sont restés muets, parce qu’ils étaient « liés par un pacte de l’horreur », diront les deux avocats généraux, qualifiant les trois hommes de « bêtes assoiffées de sang ».
L’accusation et les parties civiles sont bien parvenues à établir un scénario. Mais, huis clos oblige, ce dernier n’a pu être communiqué hors la salle d’assises. C’est la règle quand l’un des accusés ou l’une des victimes est mineur. C’était le cas de Gérôme B., l’un des trois principaux accusés, âgé de 16 ans et quatre mois au moment des faits, en août 2003. Dès que le huis clos est prononcé, le public et la presse ne peuvent plus assister aux débats. Rien ne doit filtrer de la salle de la cour d’assises, sous peine de voir tout le procès annulé pour vice de procédure. C’est ce qu’a solennellement rappelé, à plusieurs reprises, le président André Lourdelle.
Mais ce n’est pas parce qu’il était mineur que cela pouvait excuser un tel acharnement et une telle barbarie, a répondu hier soir la cour d’assises.


(*)La sûreté, de 22 ans pour Saïd Abdellaoui et 20 ans pour Stéphane Planchet, est le délai pendant lequel ils ne pourront bénéficier d’aucune remise de peine. Malgré la levée de l’excuse de minorité, la loi interdit d’infliger une peine de sûreté à une personne qui était mineure au moment des faits. Beaucoup moins impliqué, Eric Planchet a été condamné à 8 ans de réclusion criminelle, pour le recel des deux voitures volées et la crémation des deux cadavres, assimilée à une dissimulation de preuves.

Hervé Chambonnière. Automne 2006.


Dans la nuit du 19 au 20 août 2003, Clarisse Lignez et Erwan Duramé sont tués, à leur domicile à Brest, par des cambrioleurs. Les restes de leurs corps seront retrouvés quatre jours plus tard dans un étang en Vendée, provoquant la stupéfaction dans la ville du jeune couple. Le 19 septembre suivant, 1.500 perrsonnes défilent dans les rues pour exprimer leur « refus de la violence gratuite et aveugle ». (Photo archives H.C.
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