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Clemenceau. De Brest à l'Angleterre ? Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Pourquoi un retour à Brest

Le vieux « Clem » va donc mettre le cap sur la Bretagne. Pourquoi ? Parce qu’à Brest, il y a de la place. Que va-t-il devenir ? La fin de vie du porte-avions reste floue. On sait seulement que Brest sera un « port d’attente ». Une attente qui pourrait être longue…

Le « Clem » va mettre trois mois pour regagner Brest en doublant le cap de Bonne Espérance. Il est vrai que désormais, il n’y a plus d’urgence. Il ne passera pas le canal de Suez : pas envie, on imagine, de remettre sous les feux des projecteurs l’ex-fleuron de la marine. De plus, un tel passage se négocie à deux millions de dollars... Pourquoi Brest ? Hier, certains marins s’étonnaient du choix du port de ralliement, Toulon paraissant être le port « naturel » du Clemenceau.
Mais voilà, là-bas, il n’y a pas de place. Le Mistral est arrivé à quai, le Tonnerre va le rejoindre, deux grosses bêtes. Rue Royale, on confirme. On y déclarait hier soir « que le site de Brest se prêtait mieux que celui de Toulon à cet accueil pour une question de disponibilité portuaire ». A Brest, il y a de la place. Le Clemenceau va donc s’y installer pour une période d’attente… dont on ne connaît pas la durée. Pour connaître son sort, il faudra déjà attendre les conclusions des experts et des commissions interministérielles.


Port militaire ou mouillage ?
Que va-t-il se passer à Brest, port de l’attente ? Pas question de couler le bâtiment : c’est chose interdite depuis 2004. Brest n’est pas port de démantèlement : il n’y a pas de filière et on ne va pas en construire une du jour au lendemain. Le Clemenceau a toutes les chances de se retrouver dans l’enceinte du port militaire, à quai, aux épis porte-avions. Il peut aussi se retrouver en rade, ou au large, au mouillage. D’aucuns évoquent le cimetière à bateaux de Landévennec. Un petit problème déjà : le tirant d’eau. Autrefois, le « Clem » n’aurait pas pu y parvenir. Allégé d’une partie de son amiante, ce serait peut-être aujourd’hui possible. Mais le « Clem », dans un cimetière cela ne paraît pas tenir la route…


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COÛT. UN PÉRIPLE À TROIS MILLIONS D’EUROS.
Le voyage aller du Clemenceau a coûté environ deux millions d’euros, incluant remorquage, passage du canal de Suez et assurances, a indiqué hier la SDI (Ship Decommissioning Industries Corporation), société avec laquelle la Défense française avait passé contrat en 2003. La facture était prise en charge par la SDI, qui devait se rémunérer sur le prix de vente de l’acier du navire. Le prix du retour, évalué à un million d’euros, reviendra à l’Etat.
NORWAY. DÉMANTELÉ AU BANGLADESH ?
Hasard ou pas ? Un chantier naval bangladais a annoncé hier avoir finalisé un contrat pour l’achat du paquebot Norway, l’ex-France, afin de le démanteler. « J’ai finalisé le contrat mais je n’ai pas encore effectué le paiement en raison d’une crise du dollar sur le marché local », a déclaré Haji Lokman Hossain, dont le chantier se trouve à Sitakundu près de Chittagong, dans le sud du Bangladesh. L’association « Pour le paquebot France », basée à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a estimé que cette annonce d’achat « n’était pas sérieuse ». A Dacca, le gouvernement a tout de même décidé de rassembler des informations sur le navire, qui contient de l’amiante, avant de décider de l’autoriser ou pas à pénétrer dans ses eaux territoriales. (Photo AFP)
Démolition : Brest-Récupération intéressé
Michel Guyot, le patron de Brest-Récupération, s’était déplacé à Toulon en 2003 pour visiter le Clemenceau. Il se souvient avoir vu beaucoup d’amiante et une situation compliquée compte tenu de l’enchevêtrement des tuyaux. Il avait jugé les conditions financières non remplies pour acheter, l’acquéreur devant désamianter. Interrogé sur le retour du Clemenceau à Brest, il estime qu’« il revient vers des gens sérieux ». Et pronostique plutôt un désamiantage sous contrôle de la Marine, confié à l’arsenal ou à des sous-traitants.


20.000 tonnes de ferraille
Michel Guyot se dit intéressé par la démolition ensuite du porteavions. Il pense que le travail est jouable au port civil. « Le Clemenceau est volumineux mais il ne faut pas en faire une montagne. C’est 20.000 tonnes de ferraille. Mon entreprise en a traité 120.000 l’an passé, par route ou par mer ». Reste que, pour l’heure, si Brest-Récupération broie des carcasses de voitures, elle ne démolit pas de bateau. Coïncidence de calendrier : Michel Guyot dit avoir écrit il y a une dizaine de jours au président de la chambre de commerce et d’industrie de Brest pour souhaiter la construction d’un quai, sur le polder du port civil, permettant de combiner démolition, ferraillage et expédition.

Catherine Magueur


Parti de Toulon le 31 décembre dernier en direction de l’Inde, le « Clem » va faire route vers Brest. Il devrait y arriver dans environ trois mois. (Photo AFP)
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