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VENDEE GLOBE 2008
 
Clemenceau. De Brest à l'Angleterre ? Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Brest s’interroge

L’ex-porte-avions Clemenceau va rentrer à Brest, mais son sort est loin d’être réglé, en l’absence d’infrastructures à même de le démanteler. Le maire PS François Cuillandre refuse la perspective de voir le navire « pourrir en rade », et demande à l’Etat de lui faire part de ses intentions. D’autres voix s’élèvent pour considérer cette arrivée prochaine comme une chance.


Un maire agacé
C’est un François Cuillandre quelque peu agacé après l’annonce du retour du Clemenceau sur Brest qui s’est exprimé devant la presse hier après-midi. Sur la forme comme sur le fond de l’affaire, le maire PS de Brest ne cachait pas son mécontentement.
« A cette heure-ci (15 h 15, NDLR), personne dans les ministères n’a encore eu la courtoisie de chercher à me joindre pour m’avertir de cette décision », peste François Cuillandre. « La moindre des choses aurait été de me prévenir officiellement. On doit bien avoir le téléphone au ministère de la Défense... Il est vrai que j’ai cru comprendre que cette affaire avait créé quelques perturbations au plus haut sommet de l’Etat... » Quant au fond du dossier, le maire de Brest admet que « la remontée du Clemenceau en France est sans doute une bonne chose, mais trop tardive tant cette affaire était devenue grotesque. Ce bateau est devenu un déchet. Il appartenait donc à la France de s’en occuper elle-même ». Il n’empêche : François Cuillandre se pose des questions, dont il attend des réponses rapides, « avant que le Clem ne soit en vue de la rade de Brest ».
« Qu’en faire ? Et dans quels délais ? »
« Pourquoi Brest, d’ailleurs, et pas Toulon qui reste, a priori, le port d’attache du Clemenceau ? L’Etat fait ce qu’il veut mais il pourrait s’expliquer. J’attends aussi que les autorités françaises nous disent ce qu’elles comptent faire du Clem, comment elles comptent s’en occuper et dans quels délais. Je n’ai pas envie de le voir pourrir en rade de Brest pendant des années. A ma connaissance, même si le maire de Landévennec s’est déclaré intéressé pour l’accueillir dans ses eaux, aucun chantier français n’est en mesure, aujourd’hui, de traiter ce genre de déchet. Sans oublier que nous organiserons une grande fête maritime dans deux ans... ». Faire de Brest un port de déconstruction ? « Pourquoi pas, mais nos formes de radoub (*) sont actuellement occupées. Quant au polder, il est en zone seveso, avec des contraintes de sécurité particulières. En tout état de cause, créer une nouvelle activité industrielle à Brest, ça ne s’improvise pas... ». (*) Une forme de radoub est un bassin que l’on assèche pour la construction et la réparation des bateaux.


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Sur les quais, les anciens entre nostalgie et amertume
Sur les quais de Brest, les anciens du « Clem » sont partagés entre amertume et nostalgie. Tous regrettent la fin tumultueuse de l ’ ex-fleuron de la flotte française.
« Ne l ’ appelez plus Clemenceau ! Aujourd ’ hui ce n ’ est plus qu ’ un numéro, coque Q 790, autrement dit un tas de ferraille » , grince Ange Grouhel, 70 ans, maître-principal pendant trois ans à bord du « Clem » . « Nous, on gardera toujours ce nom de Clemenceau dans notre mémoire; c ’ est dommage de le voir partir comme ça » , ajoute l ’ ancien marin, fier d ’ avoir participé à la dernière sortie du porte-avions en 1997.
« Beaucoup d’argent gaspillé »
« C ’ est lamentable pour le pavillon français, et c ’ est beaucoup d ’ argent gaspillé » , peste Pierre Cauzien, 80 ans, dessinateur à l ’ Arsenal de Brest au moment de la conception du Clemenceau. « Les pays industrialisés devraient créer des plate-formes pour démolir les bateaux » , suggère -t-il . La nouvelle du retour au pays du « Clem » a surpris les anciens, surtout ceux qui, au sein de l ’ Association de défense des victimes de l ’ amiante (ADDEVA), se sont mobilisés pour empêcher le désamiantage du navire en Inde.
« Un cadeau empoisonné »
« C ’ est un cadeau empoisonné. Que va-t-on en faire maintenant ? » , s ’ interroge Etienne Le Guilcher, 66 ans, le président très actif de l ’ ADDEVA du Finistère, qui avait demandé aux retraités d ’ adresser à la Cour Suprême de l ’ Inde des témoignages sur la présence d ’ amiante à bord du porte-avions. « C ’ est à Brest qu ’ il a été construit, c ’ est à Brest qu ’ il doit être démoli ! » » , lance Yves Noret, qui a fait le tour du monde en neuf mois sur le « Clem » . Car « c ’ est à Brest que se trouve sa mémoire » , ajoute l ’ ancien marin, qui trouve que l ’ ex-fleuron de la Marine était « plus joli en gueule que le Charles de Gaulle » . « Si ce n ’ était pas aussi dramatique, ce serait comique » , confie Jean-Louis Auffret, 62 ans. Cet ancien mécano était l ’ un des plus exposés à l ’ amiante . Il pense « aujourd ’ hui aux Brésiliens embarqués sur l ’ ex-Foch, qui renferme autant d ’ amiante que son frère-jumeau, le Clemenceau » .


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Une chance à saisir ?
Et si le retour du Clemenceau était une chance pour Brest ? C’est ce que pense Jean-Paul Hellequin (ci-dessus), le porte-parole de l’association Mor Glaz. Explications.
Le constat de Mor Glaz (l’Association « de citoyens qui défendent l’environnement maritime ») : le Clem, aujourd’hui piteusement sous le feu des projecteurs, pose le problème global de la fin de vie des navires. Que faire de ces dizaines de bateaux militaires et civils qu’il va falloir déconstruire en France et en Europe ? Puisqu’il n’y a pas de chantier de déconstruction en Europe, pourquoi ne pas en construire un à Brest ? « Il n’y a rien de déshonorant à déconstruire des navires. Cela n’a rien d’une basse besogne », estime Jean-Paul Hellequin. Cette activité créerait selon lui « des centaines d’emplois dans un secteur confronté depuis trop longtemps à de réelles difficultés ». Selon Mor Glaz, Brest doit saisir cette chance. « Brest est un grand bassin d’emploi, avec un taux de chômage élevé. Or, il y a à Brest un savoir-faire : il faut en profiter », estime Jean-Paul Hellequin.
Respecter les normes sociales
Déconstruire, oui mais attention, pas n’importe comment ! Il faut, dit-il, que ce soit fait dans le respect des normes sociales, environnementales et de sécurité. Il faudrait selon Mor Glaz que ce chantier ait un label européen. C’est pourquoi l’association invite la Région, le département, la CUB et la chambre de commerce à défendre ce dossier, et notamment à Bruxelles...


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norway.
Le Bangladesh dit « non ». Le gouvernement du Bangladesh a interdit hier l’entrée du Norway dans ses eaux territoriales et par conséquent son démantelement dans le chantier ayant annoncé mercredi avoir acheté le navire pour la somme de douze millions de dollars. Greenpeace a inscrit l ’ex-France sur une liste de 50 navires qu ’ elle craint de ne pas voir décontaminés avant leur démantèlement. C it ant des ouvriers français ayant travaillé à la fabrication du paquebot , l’ organisation écologiste estime qu’ il contient 1.250 tonnes de matériaux amiantés.
marine nationale.
Deux tcd en passe d’être vendus. La France est en train de finaliser un accord de cession à l'Argentine de deux bâtiments de guerre, l’Ouragan et l’Orage, a indiqué hier Jean-François Bureau, porte-parole du ministère de la Défense. « Contrairement à l'ex-porte-avions Clemenceau, ils ne sont pas en fin de vie et ont fait l'objet d'un diagnostic amiante, conformément à la réglementation en vigueur pour les navires en activité », a-t-il précisé. L’O uragan et l’ Orage , d eux TCD (transports de chalands de débarquement) , ont été construits à Brest dans les années 60.


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Le 03/12/08 - Suite au feu vert du ministère anglais et de la Drire Bretagne autorisant le transfert de l'ex-Clemenceau à Hartlepool, l'association brestoise AE2D s'apprête à déposer un recours pour tenter d'empêcher son départ.

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