28-26 : la gauche conserve son avance sur la droite au conseil général. Ce score de rugby est la résultante du scrutin d'hier où trois cantons ont basculé de droite à gauche alors que l'opposition en a également raflé trois, avec deux victimes de marque : Jean-Claude Joseph à Quimper, doublement battu et abattu hier,
et Robert Moreau (Plouigneau), actuel président du comité départemental du tourisme et qui, en raison de cette défaite, abandonnera probablement cette fonction.
Match nul à Quimper
On l'avait dit : Quimper serait la clef de ce scrutin départemental. Ce pronostic s'est vérifié, hier, puisque sur le chef-lieu, gauche et droite ont fait match nul (la gauche conservant deux des trois sièges de la ville), ce score de parité se concrétisant également au niveau départemental puisque les deux formations se retrouvent dans la même configuration qu'avant ce renouvellement partiel : 28 sièges pour la gauche, 26 pour la droite. Ce score de parité ne doit cependant pas masquer les coups durs encaissés hier par la gauche majoritaire et qui auraient pu avoir de graves conséquences si Kofi Yamgnane, sérieusement chahuté dans son canton après l'avoir été dans sa commune, n'avait conservé son fief châteaulinois avec une centaine de voix d'avance seulement. Jean-Claude Joseph, candidat de la gauche aux municipales à Quimper aura eu moins de chance. Il est visiblement victime de « l'effet municipales» puisque les deux autres candidats PS aux cantonales à Quimper sont passés sans trop de suspense. Si la gauche perd également Pont-Aven, ce qui était largement prévu, elle a assisté en revanche avec surprise à la défaite de Robert Moreau à Plouigneau, le président du comité départemental du tourisme s'inclinant d'environ 70 voix.
Le choc de Landivisiau
Si la droite n'a pas reconquis hier, la majorité du conseil général (un 27-27 lui donnait la présidence au bénéfice de l'âge), la faute en incombe, en partie, à l'ancien président Charles Miossec (RPR) dont la succession, à Landivisiau et dans son canton, a révélé de grosses failles. Les bisbilles entre deux listes concurrentes de droite, aux municipales de Landivisiau, ont visiblement plombé le candidat aux cantonales de l'Alliance pour le Finistère, battu par la socialiste Clotilde Dubroeucq. La droite perd également le canton du Faou (c'était prévisible) ainsi que celui de Quimper 3, détenu par Alain Gérard, nouveau maire de Quimper, mais qui ne se représentait pas en raison de la loi sur le cumul des mandats.
Cantonale partielle à Saint-Pol-de-Léon
Hier soir, la gauche pavoisait d'autant moins que l'arithmétique du premier tour lui donnait l'opportunité de creuser l'écart avec la droite. Mais les négociations entre les deux tours, quelque peu laborieuses avec les Verts, lui ont semble-t-il fait perdre une partie du crédit acquis au premier tour. A présent, hormis la réélection prévisible de Pierre Maille à la présidence, vendredi prochain, c'est du côté de la droite que va se dérouler le troisième tour. D'abord avec une élection partielle dans le canton de Saint-Pol-de-Léon qu'Adrien Kervella va probablement abandonner, en raison de la loi sur le non-cumul. Réélu maire de Saint-Pol, il est probable qu'il va opter pour la vice-présidence du conseil régional, qu'il occupe actuellement, au détriment de sa fonction de conseiller général. Il a un mois pour faire son choix. Et la gauche n'a pas beaucoup d'illusion à se faire pour conquérir un siège de conseiller général dans ce secteur traditionnellement ancré à droite. La minorité du conseil général va également devoir choisir un leader pour préparer une reconquête qui, lors du prochain renouvellement, dans trois ans, mettra la gauche en grand danger : 17 cantons qu'elle détient seront renouvelables (dont huit à Brest), contre 11 à la droite.