Plus que jamais, les juges d’instruction en charge de l’affaire du Bugaled-Breizh semblent orienter leurs recherches vers la piste du sous-marin. C’est ce qu’a révélé hier M e Bergot, l’avocat des familles des victimes du chalutier bigouden, naufragé le 15 janvier 2004 au large des côtes britanniques.
Une révélation faite à l’occasion d’une table ronde publique organisée par le festival Livre & Mer et par Le Télégramme, à Concarneau.
« Pris dans une fune voire les deux »
« À l’issue des investigations (...), nous arrivons à la conclusion que l’hypothèse d’un sous-marin qui se serait pris dans une fune, voire les deux, est l’hypothèse la plus sérieuse en l’état du dossier ». C’est dans un rapport en date du 19 janvier dernier que les juges Foltzer et Corre mettent pour la première fois avec force cette hypothèse sur le devant de la scène. Un rapport dont viennent de prendre connaissance les avocats, et qui avait été rédigé en début d’année à l’occasion d’une rencontre avec les autorités britanniques, sous le patronage d’Eurojust, l’organe chargé de renforcer la coopération judiciaire entre les États européens. Pour M e Bergot, cette reconnaissance explicite « est à même de relancer le dossier », et vient conforter toute une série d’éléments qui, depuis le début de l’affaire, accréditent cette thèse. Une reconnaissance qui, selon l’avocat, va conduire les juges à pousser plus avant leurs investigations sur ce terrain.
« Silence assourdissant » de Nicolas Sarkozy
La table ronde organisée hier a en outre été l’occasion pour les proches des victimes de relancer un appel au président de la République, Nicolas Sarkozy. « Nous lui avons écrit début mars et nous l’avons relancé la semaine dernière, a indiqué Michel Douce, l’armateur du Bugaled-Breizh. Mais nous n’avons reçu ni réponse, ni accusé de réception ». Un « silence assourdissant », alors même que tous attendent beaucoup du président. Car dans quelques mois, la France prendra la présidence de l’Union européenne. « Et le président Sarkozy sera alors le mieux placé pour activer tous les leviers », a souligné M e Kermarrec, l’avocat de Michel Douce. Le souhait de tous étant que les marines des différents pays pointées du doigt (britannique et néerlandaise, notamment), puissent coopérer pleinement, et lever bien des zones d’ombres qui pèsent sur ce dossier.
A noter À partir de demain, la vidéo et les moments forts de la table ronde sur letelegramme.com