A l’occasion du troisième et triste anniversaire du naufrage du Bugaled-Breizh, le 15 janvier 2004, les familles des victimes et leur avocat M e Christian Bergot, l’armateur du Bugaled-Breizh, Michel Douce, et le président du comité local des pêches, Robert Bouguéon, ont décidé de porter plainte contre X.
Plainte contre X mais ministères et Marine visés
C’est M e Bergot qui a proposé la marche à suivre : « En l’état actuel des éléments en notre possession, nous ne pouvons pas porter plainte contre une personne ou une administration précise mais, dans le corps de la plainte, on indiquera qu’il nous apparaît probable que le ministère de la Défense française, le ministère des Transports français et la Marine nationale française avaient connaissance, par exemple, de l’existence des manœuvres britanniques le jour du naufrage. Et qu’elle n’a pas porté cet élément à la connaissance des enquêteurs ». « Ensuite, ce sera au juge d’instruction de faire son travail à partir de cela (audience de témoin, etc...) », a expliqué l’avocat. Michel Douce, armateur du chalutier bigouden, a dit son accord avec cette initiative et aurait même élargi l’attaque en Justice contre « le ministère des Affaires étrangères français ». Absent hier, son avocat, M e Kermarrec, devrait donc se mettre en lien avec M e Bergot pour déposer plainte « sous quinze jours ». Cette plainte interviendra peu après la parution d’un livre intitulé « Bugaled-Breizh, secrets d’États autour d’un naufrage ». Selon les auteurs de cette enquête, l’Otan avait informé, depuis au moins un mois, le ministère français de la Défense que l’exercice anglais du Thursday War se tiendrait en plus de l’exercice interalliés Aswex 04, le 15 janvier 2004.
« Rétention d’informations »
Ces deux manœuvres militaires de grande envergure impliquaient des sous-marins et les parties civiles sont sûres, aujourd’hui, que c’est un submersible qui a tiré le Bugaled vers le fond. Elles pensent aussi que les États concernés par ces exercices, dont la France, cachent des informations capitales aux enquêteurs. Leur plainte contre X visera donc plusieurs ministères du gouvernement français. Elle s’appuiera sur l’article 434-4 du code pénal qui dit : « Est puni de trois ans d’emprisonnement ferme et de 45.000 € d’amende le fait, en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité (...), de détruire, soustraire, receler ou altérer un document public ou privé ou un objet de nature à faciliter la découverte d’un crime ou d’un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables ».
Pascal Bodéré. 16 janvier 2007