Unis derrière une même bannière, marins, famille et sympathisants ont manifesté en silence dans les rues de Quimper. Le cortège s'est mis en place vers 14 h 30 et, après une halte symbolique devant le tribunal où l'affaire est instruite, s'est arrêté devant le perron de la préfecture.
Tenir les promesses « Rapport BEA = menteur »,
« Sous-marin assassin », « Rapport BEA-poubelle » dans la foule, pancartes et banderoles résument le sentiment de tous. « La Justice ne tiendra pas compte du rapport BEA-mer », note Robert Bouguéon. Le président du comité local des pêches du Guilvinec (29) a redit, dans son discours, combien il est « trop facile d'accuser des innocents, surtout quand ils sont morts ». « C'est une insulte envers toute notre profession », poursuit-il, avant de souligner qu'il n'est pas possible de « laisser un tueur des mers en liberté, sans le rechercher. Cela serait trop grave pour l'avenir des pêcheurs en Europe ». Robert Bouguéon a renouvelé « toute (sa) confiance au juge Foltzer ». Il a souligné qu'il fera « tout ce qui est en (son) pouvoir pour rechercher la vérité sur ce naufrage ». De son côté, Nathalie Gloaguen, belle-soeur d'une des victimes du naufrage, et porte-parole des familles, a lancé un appel au ministre Dominique Bussereau, « de tenir sa promesse faite en 2004 » de faire la lumière sur ce naufrage.
Durcir le mouvement
Robert Bouguéon espère désormais que cette manifestation silencieuse « aura un impact positif ». « Nous allons attendre la suite de l'enquête judiciaire », poursuit-il, tout en se disant « confiant » et « attentif ». Et « si quelque chose cloche du côté de la Justice, je serais le premier à déclencher la guerre », assure-t-il. Car si depuis la publication du rapport, les marins ne décolèrent pas, ils menacent de durcir le mouvement. « Rendez-vous, ici, l'année prochaine s'il le faut, le combat continue », note Robert Bouguéon. Quant à Michel Douce, armateur du chalutier bigouden, s'il dénonce « les inexactitudes et les hypothèses fantaisistes du rapport », il ne baissera pas les bras et rappelle, à ceux qui veulent bien l'entendre « ce qui s'est passé à Rennes en 1994 ».