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Bugaled Breizh. Enquête sur le naufrage Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Septembre 2006. Bugaled, Coup de gueule des parties civiles

La découverte de titane sur le câble bâbord du chalutier bigouden, disparu en Manche le 15 janvier 2004 avec cinq hommes à bord, a conforté les parties civiles dans leur conviction qu’un sous-marin est responsable de ce drame. Aussi, prennent-elles mal un article paru, hier, dans le Journal du Dimanche et les propos modérateurs de la procureure dans notre édition du 22 septembre.

Paru hier, l’article du Journal du Dimanche titre au sujet de l’affaire du Bugaled : « La piste du sous-marin à l’eau ». Pour étayer cette titraille à contre-courant des nouvelles orientations de l’instruction (lire encadré), un point est relevé par l’article du JDD qui dit : « 98 % des peintures contiennent du dioxyde de titane. Y compris, selon nos informations, celles qui recouvrent la coque du Bugaled Breizh ».
Michel Douce : « Les câbles ne touchent pas la coque »
Dès lors, peut-on imaginer, comme le fait le JDD, que les traces de titane retrouvées sur le câble du Bugaled proviennent du Bugaled lui-même ? « Un : si c’était possible, cela ne mettrait en aucun cas la piste du sous-marin à l’eau. Mais, en plus, c’est techniquement impossible !!! », s’élève Michel Douce, armateur du Bugaled : « Les câbles vont du rouleau dans l’eau. A aucun moment, ils ne frottent la coque du bateau. Sur aucun bateau ! ». Et Michel Douce se range aussi à une évidence du rapport d’expertise : les traces de titane ont été trouvées sur les parties qui ont subi le ragage, le frottement avec la force exogène, entre 40 m et 60 m de profondeur. « C’est-à-dire à environ 200 m de longueur de câble, en pleine eau. Comment voulez-vous que la fune touche la coque du Bugaled ? », s’exaspère l’armateur pour qui l’indice du titane conforte franchement l’hypothèse d’un sous-marin.
Robert Bouguéon : « On sait que c’est un sous-marin »
Au comité local des pêches, également partie civile dans ce dossier, c’est un sentiment de colère qui a succédé à la satisfaction de la découverte de titane. « Supposer que le titane vient du Bugaled, c’est n’importe quoi !!! », se fâche Robert Bouguéon, en ancien professionnel de la mer : « Les câbles à cette profondeur se trouvent au milieu du treuil et ne peuvent pas être en contact avec la coque du navire. Entre ça et les bémols de la procureure, on a vraiment le sentiment qu’on veut nous ramener deux ans en arrière dans cette enquête ». Convaincu que le titane apporte une preuve irréfutable de l’implication d’un sous-marin dans le naufrage du chalutier bigouden, le président du comité local des pêches tempête : « Aujourd’hui, on sait que c’est un sous-marin, il reste à trouver lequel. Mais, plus on a de preuves, plus on a l’impression que certaines personnes veulent retenir l’instruction ».
Mobilisation cette semaine
Le président du comité local poursuit : « On pense que le juge Foltzer fait du bon boulot, mais on pense aussi que d’autres lui mettent des bâtons dans les roues ! ». Cette semaine, le comité local des pêches annonce une mobilisation pour faire entendre sa voix et celle des familles des victimes.
Le juge Foltzer et l’hypothèse du sous-marin
Dans sa note du mois d’août dernier adressée aux parties civiles, le juge Foltzer, en charge de l’enquête, a utilisé, pour la première fois depuis le drame, le terme de « bâtiment sous-marin », pour évoquer une piste d’investigation possible. Il a mentionné qu’au regard des nouveaux éléments déjà portés au dossier d’enquête par les experts, « il apparaît de plus en plus important d’examiner, avec toute la compétence et la technicité nécessaires, l’hypothèse d’un bâtiment sous-marin qui se serait pris dans l’une, voire dans les deux funes du train de pêche du Bugaled Breizh ». Il a nommé un nouvel expert sous-marin pour l’accompagner dans son enquête, notamment vers les pays étrangers participant aux exercices militaires Aswex 04 (Otan) et Thursday War (Grande-Bretagne). A ce propos, le juge disait : « Nous envisageons, selon les conclusions de l’expert "sous-marin", de procéder à de nouvelles investigations à destination des Pays-Bas, en relation avec le Dolfijn ».

Pascal Bodéré. septembre 2006.

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