Livrée hier dans nos colonnes, cette note du juge d’instruction Richard Foltzer à l’attention des parties civiles a entraîné bon nombre de réactions. C’est, en effet, la première fois dans le cadre de cette enquête sur le naufrage du chalutier bigouden, le 15 janvier 2004, en Manche, qu’un magistrat instructeur utilise clairement le terme de « bâtiment sous-marin » dans l’une de ses pistes d’investigation. Un expert « sous-marin » va d’ailleurs être nommé aux côtés du juge Foltzer. Ensemble, ils pourraient mener de nouvelles auditions de témoins et interrogatoires à l’étranger. Le juge a, notamment, parlé de la Hollande, « en relation avec le Dolfijn ».
Chrisitan Bergot, avocat : « Une satisfaction »
Christian Bergot, avocat des familles des cinq victimes du naufrage, a réagi hier avec « satisfaction » à cette évolution de l’enquête : « Je suis satisfait car le juge d’instruction répond là à deux de nos demandes d’actes récentes. A savoir celle réclamant aux autorités étrangères que le juge assiste personnellement aux interrogatoires. Je pense là, notamment, à celui du commandant du Dolfijn qui a été interrogé sans grande précision lors de sa première audition. Je suis aussi heureux de voir que le juge met un nom sur la "force exogène". Il dit "bâtiment sous-marin" ». L’avocat des familles ajoute : « Le juge va aussi désigner un expert pour l’assister. C’est bien. On peut regretter que tout ça ne se soit pas fait plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais. Ceci montre, en tous les cas, que le temps n’a pas de prise sur les magistrats et qu’ils comptent bien aller au bout de leur enquête ».
M. Douce, armateur : « Je prends acte de la note »
Joint par téléphone, Michel Douce, armateur du Bugaled Breizh, a aussi apporté son point de vue sur la note du juge aux parties civiles : « N’ayant pas eu accès aux nouveaux documents versés, je prends simplement acte de la note que le juge m’a adressée. Il y a eu beaucoup d’effets d’annonces dans ce dossier. Mme Alliot-Marie a fait déclassifier des documents militaires et il n’y a rien dessus. Les résultats d’analyses des câbles ont été demandés depuis un an et on n’a toujours rien... ». Michel Douce poursuit : « Ceci dit, le juge a sans doute des éléments en sa possession qui lui permettent de parler de "bâtiment sous-marin" aujourd’hui. Si c’est bien ça, c’est effectivement un grand pas en avant dans cette enquête. Tant mieux si c’est le cas, car c’est ma conviction aussi. On voit que les enquêteurs se rapprochent tout doucement de cette conviction que nous avions depuis longtemps ».
Hier, la députée-maire du Guilvinec, Hélène Tanguy, a également réagi à nos informations par voie de communiqué : « C’est un pas de plus dans cette enquête plus de trois ans et demi après le drame. Je pense aux familles des victimes. Je suis très satisfaite que les travaux de la Justice se poursuivent et qu’une piste qui nous a laissés, à tous, beaucoup de zones d’ombres, soit reprise et explorée à nouveau. (...) Tout ce qui pouvait être fait pour établir la vérité a été fait et continuera à l’être. En particulier, l’Etat a consenti un effort financier considérable, à la hauteur de la gravité de la situation. Tous les documents en possession de la France ont été transmis à la Justice. Je me réjouis que tous ces efforts portent leur fruit avec une seule ambition : la vérité des faits survenus le 15 janvier 2004 ».