Michèle Alliot-Marie a reçu l'accord de son homologue britannique de la Défense, John Reid, lors de son voyage à Londres, mardi dernier. La déclassification de ces documents, cartes, journaux de bord, messages, fait suite à la demande du juge Foltzer, chargé de l'instruction du dossier sur le naufrage du Bugaled-Breizh.
Une carte clé déclassifiée
La ministre précise qu'elle a « saisi ses homologues européens pour qu'ils autorisent la déclassification des pièces relatives à leurs bâtiments dans l'exercice ASWEX ». Plusieurs sous-marins étaient, en effet, engagés dans cet exercice qui débutait le 16 janvier. Le sous-marin français Rubis (très éloigné du Bugaled Breizh puisqu'il était au large de Sein), le sous-marin britannique Turbulent, le néerlandais Dolfijn et l'allemand U 22 participaient à l'exercice. Le sous-marin britannique aurait subi des réparations à son retour, ce qui en a fait un suspect. Londres a toujours affirmé que son sous-marin n'était pas impliqué. Côté français, les documents ont été transmis le 9 décembre. Dans le courrier qu'elle vient d'adresser au juge d'instruction, la ministre de la Défense souligne qu'elle a déclassifié les pièces que la Justice sollicitait « et notamment une carte, dont la commission consultative (du secret de la défense) a, elle-même, jugé qu'elle devait permettre d'asseoir votre conviction sur l'absence des deux SNLE sur la zone du naufrage ». Des sous-mariniers expliquent, par ailleurs, qu'un SNLE ne peut en aucun cas se trouver dans des fonds de moins de 100 mètres, dans des zones fréquentées et aussi près des côtes.
Onze incidents depuis 1971
On a appris, hier, que la ministre de la Défense avait aussi transmis à la Justice un document qui récapitule les incidents qui ont, depuis 1971, mis en cause des sous-marins français. Selon la ministre, ce document atteste qu'« à chaque fois, la Marine nationale a assumé pleinement les conséquences des dommages causés, en toute transparence ». Onze incidents ont ainsi eu lieu entre 1971 et 1991. Depuis cette date, selon la Défense, il n'y a eu aucun incident à déplorer. Sur ce document, on peut, par exemple, lire : « 1983 : sous-marin de type Narval. Accrochage avec un chalut alors que le sous-marin, en plongée effectue un exercice. Le sous-marin refait surface et contacte le chalutier, trente minutes après l'accrochage. Le filet est perdu et le chalutier rentre au port (perte de cinq jours de pêche). Le sous-marin a une couronne compacte (base sonar) sectionnée ». Dernier incident à déplorer, selon la Défense : « Avril 1991. Le sous-marin Ouessant et le chalutier Mab Mam du Guilvinec : accrochage avec un chalut en mer d'Iroise alors que le sous-marin navigue en plongée. Il refait surface et contacte le chalutier par radio. Il n'y a aucun dégât car le filet a raclé la coque du sous-marin sans rester accroché ».