Me Bergot, les familles des victimes et le comité local des pêches entendent montrer que, plus de deux ans après le naufrage du chalutier bigouden au sud du Cap Lizard, ils ne renoncent pas à connaître la vérité.
Fune bâbord : étude « peu probante » La vérité, beaucoup attendaient qu'elle
sorte de l'examen de la fune bâbord du chalutier. Câble sur lequel l'instruction avait informé, il y a plusieurs mois, qu'une « force exogène » (1) s'était exercée le jour du naufrage, entre 40 et 60 m de profondeur. Cette force avait entraîné un ragage sur plusieurs mètres du câble. Câble qui avait été retrouvé croisé avec son panneau par-dessus la fune tribord. Depuis juin 2005, cette partie de fune bâbord est à l'étude. Si le résultat de cet examen n'est pas encore porté au dossier, les premiers éléments livrés par l'instruction, et échangés samedi, paraîtraient « peu probants » aux enquêteurs. Un commentaire qui pourrait plomber le moral des troupes car une absence de traces suite au ragage rendrait encore plus ardue l'identification de la fameuse « force exogène ». Néanmoins, information a été donnée samedi que les enquêteurs « s'orienteraient vers une étude du câble tribord afin de disposer d'éléments comparatifs à l'élément bâbord ». Les parties civiles nourrissent donc l'espoir que si une comparaison s'avère nécessaire, un élément a, peut-être, été relevé par les experts.
Hollande : réentendre le commandant du Dolfijn
Parties civiles qui, par le biais de leur avocat, vont donc présenter des demandes d'actes au juge d'instruction Foltzer. Demandes qui porteraient, tout d'abord, sur le sous-marin hollandais Dolfijn. Une nouvelle commission rogatoire devrait ainsi être adressée ces prochaines semaines vers les Pays-Bas « afin de pouvoir réentendre le commandant du submersible néerlandais, en présence du juge Foltzer », souhaitent les familles. Le Dolfijn participait à l'exercice interallié Asweg le 15 janvier 2004. En ce jour de naufrage, il était le bâtiment connu le plus proche du Bugaled Breizh. Et les déclarations de son commandant ne satisfont pas les parties civiles : « Il ment au moins par omission ». Une même commission rogatoire devrait également être lancée vers l'Angleterre où « rien n'a été fait d'un point de vue judiciaire sur le Thursday War », selon M e Bergot. Cet exercice militaire britannique impliquait également des sous-marins en Manche le jour du naufrage du Bugaled.
Questions aux Anglais
L'avocat attend que « des questions précises soient posées aux Britanniques : comment le plongeur anglais a-t-il vraiment poignardé le radeau de survie ? Les vêtements des corps repêchés étaient-ils bien les mêmes à l'eau et à la morgue ? Les Anglais ont-ils une trace de l'escorte des îles Scilly (2) ? ». Rien n'oblige l'Angleterre à répondre. Ni les Pays-Bas. Mais les familles, qui demandent aussi qu'un expert sous-marinier soit nommé aux côtés du juge d'instruction, maintiennent la pression. Les demandes d'actes seront déposées sous quinzaine.
1- Force extérieure au bateau. 2- Notre édition du 14 janvier 2006