Comme elle s'y était engagée, Michèle Alliot-Marie a saisi, fin 2005, l'OTAN d'une demande de déclassification des messages concernant la situation des sous-marins de l'Alliance dans la zone du naufrage du Bugaled-Breizh. « Cette demande a été acceptée », souligne le ministère dans un communiqué. Les autorités allemandes,
britanniques et néerlandaises ont déclassifié et transmis les éléments requis et ceux-ci « viennent d'être transmis à l'autorité judiciaire ainsi qu'une carte établie par l'état-major de la Marine permettant de repositionner les sous-marins en opération au moment du drame ».
Asseoir une conviction
Pour les unités navales françaises, le ministre de la Défense avait déclassifié les documents demandés par le juge (cartes, journaux de navigation de sous-marins, journaux de bords, messages) le 9 décembre 2005, souligne le communiqué. Parmi ces éléments « figurait, notamment, une carte relative aux activités sous-marines françaises au moment du naufrage du Bugaled Breizh », qui, selon les termes même de l'avis de la commission consultative du secret de la défense nationale, « doit permettre au juge d'asseoir sa conviction sur l'absence, dans la zone du naufrage, des deux sous-marins nucléaires (SNA et SNLE) français ». Depuis le naufrage, le ministère de la Défense assure qu'il a agi « dans la transparence afin de favoriser la manifestation de la vérité ».
L'armateur demeure sceptique
Ce qui laisse Michel Douce, l'armateur du Bugaled Breizh, sceptique. Interrogé, hier, « il prend acte de la déclassification des documents Otan. Il n'en avait pas eu, dit-il, connaissance ». Il se dit, par ailleurs, surpris d'apprendre que deux sous-marins français étaient susceptibles d'être sur la zone. « Jusqu'alors, on ne parlait, dit-il, que du Rubis ». Par ailleurs, concernant les unités navales françaises, il se dit encore étonné : « On parle de journaux de bord, de messages. Je n'en ai pas eu connaissance ! Si le juge avait ces documents, je pense que nous aurions été prévenus. Je ne dis pas qu'il n'y a pas quelque chose dans le dossier, mais moi, je n'ai rien vu ! », ajoute Michel Douce. « J'espère, dit-il, que le juge va nous informer ».
Cela va prendre du temps
De son côté, Me Bergot, l'avocat des familles se disait, hier, « satisfait que ces documents parviennent au juge d'instruction. Cela va dans le sens d'un souci de clarté. Maintenant, dit-il, il faut voir ce qu'il y a dans ces documents ! Cela risque de prendre du temps. Les documents militaires français ont été déclassifiés il y a plus de six mois et nous ne savons toujours pas ce qu'il y a dedans ! ».