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Extraction de sable. Pyramide humaine à Beg-Léguer (22)

28 novembre 2010 à 09h40 - Réagir à cet article

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Une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel de Sauvegarde du Trégor, hier. Sur la plage de Beg-Léguer, les manifestants ont figuré symboliquement, tout ce que la baie perdrait de sable, chaque jour, si le projet d'extraction de la Can est autorisé.

Il fallait être sacrément motivé, hier après-midi, pour oser braver le froid et les averses de neige afin de manifester sur la plage de Beg-Léguer, battue par la bise hivernale. Une cinquantaine de personnes, vigoureusement opposées au projet d'extraction de sable coquillier porté par la Compagnie armoricaine de navigation (Can), l'ont fait.

La Tour Montparnasse en un an

Symboliquement, alors que l'enquête publique vient de se clore, ils ont formé un vaste cordon humain sur le sable. Ce carré était censé figurer les bases d'une pyramide, représentant le volume journalier de sable que s'apprête à extraire la Can, si son projet est autorisé. «Nous avons fait nos calculs. 400.000m³ par an, cela représente, pour une seule année, le volume de la Tour Montparnasse. Sur vingt ans, on arrive au volume d'une pyramide de 330m de côté à la base et de 217m de haut», illustre Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor, qui appelait à cette manifestation. 400.000m³, c'est, de toute façon, «du jamais vu dans la région», note pour sa part Odile Guérin. La géologue de métier est venue en citoyenne dire son opposition à ce projet «trois fois plus important que le gisement de La Horaine (150.000m³) et sans comparaison avec le projet qui avait déjà été contesté en baie de Morlaix (30.000m³). Et ce n'est là que l'aspect sédimentaire», souligne la spécialiste, qui craint les effets du «nuage turbide». Et d'expliquer: «Une fois le sable extrait, l'eau est rejetée avec des tas de particules fines qui vont migrer et retomber en pluie jusque dans les zones Natura 2000 toutes proches».

Des impacts sur la pêche et le tourisme

Les craintes, concernant les impacts sur la faune (bar, lançon) et la flore (champs sous-marins de gorgones et d'éponges) sont réelles. Si bien que les pêcheurs professionnels, les plaisanciers et les plongeurs habitués des spots de Molène et du Crapaud étaient bien représentés, hier, dans les rangs des manifestants. À leurs côtés, des associations diverses: Patrimoine vivant, Sémaphore, Dourduff environnement, Pleumeur-Bodou nature... Également, venu en voisin, Guy Hascoët, président du groupe Europe Écologie au conseil régional. Le commissaire enquêteur va remettre, ces jours prochains, son prérapport à la Can. Laquelle aura jusqu'au 18décembre pour le retravailler.

  • Valérie Cudennec-Riou

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