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Cet été en Bretagne

Baie de Morlaix (29). Entrez dans l'histoire au Taureau

6 juillet 2009

Revivre l'histoire mouvementée et riche du château du Taureau. Croiser les personnages qui y ont vécu. S'instruire tout en s'amusant... Telle est l'idée des visites théâtrales, organisées dans le fort, par l'équipe des acteurs de la Corniche. Nous avons embarqué dans l'aventure samedi soir.

Le public, familial, est captivé par le spectacle théâtral et la découverte du fort, qui domine la baie de Morlaix.

Après un embarquement sur la cale du Kelenn, à Carantec, et une traversée d'une dizaine de minutes, les visiteurs ont rendez-vous avec l'histoire dans l'enceinte du vieux fort.

En prison, avec Blanqui

La machine à remonter le temps est en marche. Nous voici en 1871, dans la cellule du célèbre communard, Louis Auguste Blanqui. Le dernier prisonnier, à avoir séjourné au Taureau, est joué par Claude Bonnard, du Théâtre morlaisien de la Corniche.

Témoins des soubresauts de l'histoire

Les saynètes, interprétées par les sept acteurs de la troupe, nous permettent de découvrir les moindres recoins de la fière forteresse. La grande cour, les logements des soldats, les cachots des détenus, la cuisine, l'immense réserve d'eau, la terrasse, avec sa vue imprenable sur la baie de Morlaix. De simples visiteurs, nous voilà témoins des soubresauts de l'histoire de ce fort, construit en 1542, sur l'îlot rocheux du Taureau, à l'initiative des habitants et des commerçants de la ville de Morlaix, soucieux de se protéger des ennemis anglais. Les personnages -clé du fort, illustres ou inconnus, hantent les lieux et agrémentent les récits des acteurs. On retrouve Vauban, bien sûr, l'architecte de Louis XIV, qui fit reconstruire, au XVIIIesiècle, la forteresse édifiée deux siècles plus tôt.

Un tour en cuisine avec l'ancien gardien

On fait la connaissance de Charles Pidancet, gardien des lieux durant 40 ans (de 1740 à 1780) et maître rôtisseur de bonnes viandes et poisson, qui amélioraient l'ordinaire des soldats. Tantôt fidèles au déroulement des événements, les acteurs de la Corniche s'accordent aussi des libertés avec l'histoire officielle. Au gré de leur imagination et de leur fantaisie. Captivé, le public suit et s'amuse de ces extravagances. Un guide officiel se charge, au coeur des différents spectacles, de donner des repères sur la chronologie de ces lieux, chargés de tant d'épreuves douloureuses et de joyeux souvenirs. La formule de ces visites théâtrales plaît au public, familial. «Le spectacle nous permet d'avoir un nouveau regard sur le château», se félicite un Carantécois, habitué des lieux.

On reviendra

Au total, la virée en mer et à terre a duré deux heures. Personne n'a vu le temps passer. À bord du bateau du retour, la forteresse s'éloigne. Un coup d'oeil sur l'île Louët. C'est déjà le retour à la côte. On reviendra au Taureau, car le château est loin d'avoir livré tous ses secrets...

  • Jean Philippe Quignon

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