6 juillet 2009
«Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits», dit la déclaration des droits de l'Homme. Surtout quand ils sont en maillots de bain, aurait-elle pu ajouter.
Quoi de plus démocratique qu'une plage, quand on y pense? «Tous égaux, tous en maillot», sacré slogan de campagne. Le costumé-cravaté a le même bourrelet sur le ventre que le bleu de travail... Personne n'échappe à la vérité du bikini ou du moule-zizi. Vive la plage! Surtout lorsqu'elle se trouve, pour ainsi dire, en plein centre de Brest. Dolmen et autres menhirs, le «Bressoâ», il s'en cogne, sivous permettez. Son patrimoine local à lui, c'est le Moulin-Blanc. Point, à la ligne.
Accessible sans tramway s'il vous plaît
Si Paris se reconnaissait à sa tour Eiffel, les empreintes digitales de Brest seraient ce long bord de mer qui ouvre sur un panorama unique: le port de commerce et ses grues aux silhouettes de sauterelles géantes, le goulet pleine face... Certes, nos grands-mères le savaient déjà à l'époque des congés payés, l'eau y est fraîche. Mais elle est accessible en quelques dizaines de minutes. Et servie sans tramway, s'il vous plaît! D'aucuns disent aussi qu'elle est polluée. Faut reconnaître qu'avec le «port de co'» devant, le mazout et l'essence se ramassent, peut-être, effectivement, à la pelle. N'empêche.
«C'est presque les pieds dans l'eau»
Vendredi dernier. Température de l'eau: 19 º. Température de l'air sous abri: 19 º. Plein soleil: 30 º. Ces chiffres viennent de Lionel Bonnet et d'Éric Contant. Observateurs aguerris du «Moul'», ils veillent sur leurs plagistes avec des yeux de Chimère. «Ici, c'est familial. Les gens se succèdent en respectant des tranches horaires précises». Midi: les bureaucrates cassent la croûte. 14h: familles, bambins et ados occupent les lieux. Après 17h: les courageux travailleurs terminent leur journée et noircissent le sable blanc. Le Moulin-Blanc, cette légende qui attire toujours autant. Lesavis sont unanimes. Il est 15h. Une jolie plante explique: «LeMoulin-Blanc, c'est presque les pieds dans l'eau quand on habite en centre-ville». Autretémoignage récolté auprès d'un jeune homme au teint hâlé. On le suspecte, mauvaise langue, de n'avoir que ça à faire de sesjournées, lui, de bronzer: «Jebosse tôt le matin. Ensuite, je fais une sieste. Là, je sors demon lit. En cinq minutes, jesuis à la plage. En dix, jesuisàl'eau.Que demande le peuple?». Rien. Que du bonheur.
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