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Finistère

Cinéma. Le Trégor Film Festival a tourné court

6 juillet 2009

Le premier Trégor Film Festival devait se dérouler tout le week-end, àLannion (22). Cet événement, attendu de nombreux cinéphiles bretons, a dû être annulé à la suite d'une action en justice intentée par les cinémas LesBaladins.

La réalisatrice new-yorkaise Lisa Martin (à gauche), avait fait spécialement le déplacement, à l'invitation de Sophie Scott. Photo A.A.

L'affiche du premier TrégorFilmFestival, qui devait se dérouler ce week-end à Lannion, était pourtant prometteuse. Une quarantaine de courts-métrages, pour laplupart inédits en Europe, devaient être projetés, gratuitement, au bowling de Lannion. De quoi ravir les cinéphiles bretons, avides de découvrir des films indépendants et de rencontrer des réalisateurs émergents.

Projections interdites par le tribunal

C'était sans compter sur une décision rendue vendredi soir, par le tribunal de Guingamp, à la demande des exploitants des Baladins. Les gérants des cinémas de Lannion, Guingamp et Perros-Guirec estimaient que Christine et Sophie Scott, à l'initiative du festival, ne disposaient pas de toutes les autorisations nécessaires à l'organisation d'un tel événement, qui plus est gratuit, et dans un bowling. «Nous ne comprenons pas cette action des Baladins, explique Sophie Scott. Ils étaient au courant depuis longtemps de notre projet et ne s'y sont opposés que le jour de l'événement. Nous n'avons été convoquées au tribunal que vendredi, à 19h10, pour une audience de référé prévue vingtminutes plus tard, à 40km de là. Il nous était impossible de réunir les documents en si peu de temps, surtout un vendredi soir».

Impossible de fournir les autorisations à temps

Les deux organisatrices s'y étaient pourtant prises à l'avance, sollicitant, auprès du Centrenational de cinématographie (CNC), les visas d'exploitation temporaire nécessaires à l'organisation d'un tel festival. «Malgré nos demandes répétées auprès du CNC, nous n'avons pu fournir, à l'audience, la confirmation écrite que nous étions en règle et la juge a donc tranché en faveur des Baladins. Si nous avions poursuivi les projections, nous risquions une amende de 500 EUR pour chaque heure de film diffusée. Nous avons donc tout annulé», explique ChristineScott, déçue.

Une offre alternative aux films d'Hollywood

Sa fille ne comprend pas non plus la réaction des Baladins. «Notre programmation n'est pas en concurrence avec la leur. Nous proposions des films qui n'ont pas de distributeurs, soit en raison des thèmes abordés, soit parce que leurs réalisateurs ne sont pas encore connus. Nous voulions juste faire partager au public, gratuitement, quelques-uns des centaines de courts-métrages que nous découvrons tous les ans. Les Baladins, qui veulent garder leur monopole, ne nous ont pas laissé faire». Cette mésaventure judiciaire n'a pas découragé la jeune Franco-américaine, qui a déjà pris des contacts pour organiser la prochaine édition, toujours en terres lannionnaises. «Les Bretons sont demandeurs d'une offre culturelle variée et de qualité», ajoute-t-elle. «Cette fois, on s'assurera d'avoir, noir sur blanc, toutes les autorisations nécessaires».



  • Audrey Abiven

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