6 juillet 2009
Chèque vert ou pas chèque vert: les débats sur l'utilisation du produit de la future taxe carbone vont bon train, jusqu'au sein du gouvernement.
«Toutes les pistes sont encore à l'étude concernant la taxe carbone, et le chèque vert n'est qu'une option parmi d'autres», a déclaré, hier, Christine Lagarde. La veille, dans un entretien au Journal du Dimanche, Jean-Louis Borloo avait pourtant donné un coup de pouce à l'idée de ce chèque vert: «Tous les ménages bénéficieraient d'une redistribution sous forme d'un chèque vert. Pour les entreprises, les modalités de redistribution sont aussi en cours de réflexion», avait notamment déclaré le ministre de l'Écologie.
Une recette estimée à huitmilliards d'euros
La Fondation Nicolas Hulot, à l'origine de l'idée de ce chèque vert, propose qu'il soit distribué de manière uniforme à tous les ménages: les moins gourmands en énergie, et donc les moins taxés, seraient ainsi ceux qui y gagneraient le plus. Sensible politiquement, ce débat pose le délicat problème de l'utilisation des recettes que générera cette contribution: environ huit milliards d'euros par an, supportés schématiquement pour moitié par les ménages et pour moitié par les entreprises. La mise en place de la taxe carbone se traduira, concrètement, par une hausse du prix de l'essence à la pompe. Si elle est simple et parlante, cette proposition se heurte à un constat: tous les Français ne partent pas sur un pied d'égalité, en particulier ceux qui habitent en milieu rural, pour lesquels l'utilisation de la voiture n'est pas une option.
Une mesure difficile à faire accepter
Selon des chiffres présentés par l'Insee, le niveau de vie ne peut être le seul facteur retenu pour mesurer son impact. Ainsi, pour une famille avec deux parents actifs et un enfant vivant en milieu rural, elle représenterait environ 30O EUR par an, contre 80EUR pour une famille monoparentale vivant dans un appartement en ville. Le projet de taxe carbone, issu du Grenelle de l'Environnement, qui vise à réduire la dépendance de la société au pétrole et autres énergies fossiles, se heurte donc à une difficulté de taille: comment s'assurer qu'elle soit comprise et, surtout, acceptée, dans un contexte économique difficile.
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