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Economie

Travail dominical. Remous sur la côte

6 juillet 2009

La proposition de loi sur le travail du dimanche sera enfin examinée par les députés à partir de demain. L'élargissement des conditions d'ouvertures des commerces le septième jour dans les zones touristiques provoque quelques remous en Bretagne.

Les zones touristiques sont directement concernées par le texte Photo archives François Destoc

Logique économique selon certains, banalisation du travail dominical selon d'autres. Jusqu'à présent, seuls les commerces dont l'activité est liée «à la détente, aux loisirs d'ordre sportif, récréatif ou culturel» peuvent obtenir la dérogation préfectorale au repos dominical dans les zones touristiques. De façon imagée, un magasin d'optique peut ouvrir le dimanche s'il vend des lunettes de soleil, mais pas s'il vend des lunettes de vue. La nouvelle dérogation prévoit d'englober l'ensemble du «commerce de détail». Elle entrerait en vigueur à la saison 2010. Pour le député PS costarmoricain Jean Gaubert, «on ouvre» la boîte de Pandore».

«Ça ne devrait pas changer beaucoup»

L'ouverture des commerces le dimanche, avec des salariés «volontaires», est un débat à rebondissements. La proposition de loi en est à sa quatrième mouture. Une cinquantaine de députés de la majorité, avec à leur tête le député UMP des Côtes-d'Armor Marc Le Fur, ont mené une fronde en novembre2008 pour que cette loi ne soit un «cheval de Troie» à la généralisation de la dérogation dominicale. Aujourd'hui, il estime que le texte «a fait sortir ce qui était gênant, tout est bien cadré». Selon Marc Le Fur, il n'y a aucune raison pour qu'un flot de nouvelles communes viennent gonfler la liste existante «puisqu'elles avaient déjà la possibilité de faire la demande auprès du préfet».

La pression des commerçants

François Goulard, député UMP morbihannais villepiniste, juge que la future loi est d'abord faite pour les zones commerciales des grandes villes. «Ça ne va pas changer beaucoup de choses dans la région, explique-t-il. À Vannes, il n'y a pas de demande de dérogation dominicale en saison touristique, par contre à Carnac, tout est ouvert le dimanche. Tout cela repose davantage sur les attentes des usagers que sur des textes». De son côté, Jean Gaubert est persuadé que l'élargissement des activités va accroître l'attractivité commerciale des communes le dimanche. «Ce ne sont pas les 500 communes touristiques actuelles qui vont être concernées, mais plutôt 5.000», note-t-il. Et de citer le cas de la commune touristique de Plérin qui pourra ouvrir désormais le dimanche avec des magasins de loisirs, de vêtements, de bricolage... «Rien ne dit que des communes proches, comme Langueux, ne vont pas faire la même démarche, fait-il remarquer. Les maires subiront une plus forte pression des commerçants pour contrer la concurrence des communes voisines».

Dans la logique des choses

À Carnac, le président de l'union des commerçants, Jean-Claude Vigier, pense que l'évolution est inéluctable. «Plus il y a de commerces ouverts dans une station touristique, plus elle attire de monde». Dans le Finistère, Audierne fait partie de la vingtaine de communes qui se sont mises sur les rangs pour la saison 2010. «Notre candidature n'a rien à voir avec la nouvelle loi, indique le maire socialiste, Jacqueline Donval. Notre office de tourisme a obtenu deux étoiles, nous avons un port de plaisance, c'est dans la logique des choses». Patrice Charbonnier, le président du groupement des commerçants d'Audierne, ne tient pas un autre langage.

  • Yves Drévillon

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