5 juillet 2009
Une centaine de personnes, pour la plupart d'origine comorienne, a participé à une cérémonie, hier, à Morlaix(29), en hommage aux victimes de l'accident de l'Airbus A310 de la Yemenia Airways.
Habillés en costumes traditionnels, les membres de la communauté comorienne du Finistère avaient tenu à honorer la mémoire de leurs «frères et soeurs» disparus lors du crash de l'AirbusA310 de Yemenia Airways mardi. «On voulait aussi rappeler que pour les Comoriens, il n'y a pas que Paris et Marseille», explique Aziz Koudra, animateur à la Maison pour tous de Saint-Pierre, à Brest. Ce dernier a perdu une tante, un cousin et ses deux enfants, lors de l'accident. Venu prier, aussi, Hamidou pleure une tante, la soeur de sa mère, décédée dans la catastrophe. «Mais nous sommes tous en deuil et tous solidaires car les Comores, c'est très petit et on se connaît tous, quelle que soit l'île d'où l'on vient», témoignent Nassabia Ahamed et son époux Younoussa. Le couple était l'un des premiers à s'installer à Morlaix en 1994. D'autres familles comoriennes ont suivi. Avec la crise économique, certaines sont rentrées dans l'archipel ou ont rejoint les grandes villes françaises. Une cinquantaine de familles vit toujours à Morlaix ou dans sa proche région. «On apprécie le climat et la sécurité d'une petite ville pour nos enfants». Discrète, la communauté comorienne a le don de bien s'intégrer. «Nous sommes des gens ouverts mais pas extravagants. Pour une famille, avoir un jeune qui a des problèmes avec la police est quelque chose d'humiliant. Généralement, les parents sévissent aussitôt et c'est retour au bled pour les gamins», raconte Rihaoui, étudiant en histoire, «tombé amoureux de la Bretagne».
Nouvelle cérémonie à Brest, samedi prochain
Hier, dans la salle municipale du Mille Club, située dans le quartier populaire de la Madeleine, à Morlaix, Rihaoui et toutes les autres personnes présentes ont récité des prières musulmanes pour leurs morts. Le maire de Morlaix, Agnès Le Brun, a assisté à cette cérémonie sobre et émouvante. Samedi prochain, la communauté comorienne souhaite organiser un grand rassemblement place de la Liberté, à Brest. L'occasion, une nouvelle fois, de pleurer ses morts.
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