4 juillet 2009
Les crashs récents des Airbus A330 et A310 ont-ils induit une baisse du trafic aérien ou suscité un changement dans le comportement des voyageurs? Prise de température à l'aéroport Brest-Guipavas.
«Nous n'avons pas enregistré d'annulations de réservations suite aux événements des jours derniers», assure Michel Roussel, directeur d'exploitation de l'aéroport de Brest-Guipavas. Comme rapporté à l'occasion de l'assemblée générale de la CCI en début de semaine, à Brest, le trafic en nombre de passagers se maintient. Il est au même niveau que l'an passé».
«Le nom des compagnies affiché»
«Il est vrai, cependant, que certains passagers en attente de la carte d'enregistrement posent des questions. ?C'est quoi la compagnie qui nous transporte??, ?C'est quel type d'avion??. Les deux événements récents ont ravivé leur curiosité. Et nous avons le devoir de donner l'information». Le nom des compagnies commerciales et qui opèrent est affiché. Les types d'avions exploités sont donnés. «Pour ce qui est des vols réguliers ou de type charter, les compagnies qui opèrent à Brest sont toutes connues. Maintenant, le risque zéro n'existe pas. Il n'existe nulle part. Mais le transport aérien reste le mode de transport le plus sûr... Il n'y a pas de psychose. Juste une curiosité ravivée», appuie Michel Roussel. «Et nous n'avons pas eu à déployer de moyens spécifiques d'encadrement psychologique. Les clients que nous voyons ont déjà fait l'acte d'achat en amont. Ils ont déjà franchi cette étape». Sur le parvis du hall de l'aérogare, on croise deux stewards et une hôtesse de l'air en uniformes. Contraints, eux, de voler, car c'est leur métier. Avec peur? «Non, aucune», certifie la jeune femme qui file, guère encline à s'épancher sur le sujet. Un peu plus tôt, Sterren, 31 ans, s'était montrée moins péremptoire. «Il y a un an, j'ai pris la ligne Brésil-France. Lamême que celle de l'Airbus qui s'est crashé. On y pense. On se dit que c'est possible». L'accident ne l'a cependant pas marqué au point de lui faire renoncer à monter dans un avion. «Je pars pour Dublin. En vacances».
«Les gens parlent de leur propre expérience»
D'autres, en revanche, n'ont pas le choix. «Nous avons une grosse clientèle de gens qui travaillent», témoigne Élise, 20ans, stagiaire dans une agence de location de voitures. «Nous voyons les gens à la descente d'avion. Ils sont de plus en plus inquiets. Après l'atterrissage, ils soufflent, soulagés d'être arrivés à bon port. Hier, par exemple, 19 personnes avaient pris place dans un coucou sur un vol Toulon-Brest. L'avion a failli ne jamais décoller en raison des orages. À l'arrivée, ils parlent. Mais ils n'évoquent pas les deux Airbus qui sont tombés. Ils nous parlent de leur propre expérience». Inquiétude, donc. Pas pour cette famille de quatre, deux adultes et deux adolescentes, Gaëlle et Gladys, en partance pour l'Irlande. «Nous n'y pensons pas du tout. Si tel n'avait pas été le cas, nous aurions changé de destination. Nous serions partis en voiture».
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