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Saint-Brieuc ville

Un mois ferme pour «une petite histoire locale»

4 juillet 2009

«J'aimerais que ça reste une petite histoire locale. Pour ne pas en faire un exemple ou un spectacle». Hier, Maître Guérin, avocate du prévenu jugé en comparution immédiate, a répondu ainsi au réquisitoire du procureur Annie Bonneau. Quelques minutes plus tôt, celle-ci avait requis six mois ferme: «Nous sommes ici dans la petite histoire locale mais c'est aussi une question de principe. Tous les jeunes, ambitionnant de jouer les caïds, doivent savoir qu'il n'y a pas d'endroit à Saint-Brieuc où les policiers ne doivent pas aller.»

Altercation avec des policiers

Mercredi, 17h45, quartier Balzac, des policiers en civil interviennent pour une affaire de recel. Le prévenu, Djamel Larbi, 28 ans, est à quelques mètres: «J'ai vu qu'un ami était agressé, je suis allé vers le type et je l'ai poussé. Je ne savais pas que c'était un policier.» Les policiers montrent leur carte professionnelle et reçoivent alors un chapelet d'insultes. «Je reconnais que j'étais excité et avoir dit à un policier des mots que je regrette.» Des jeunes s'approchent, entourent les membres des forces de l'ordre qui appellent des renforts. Le prévenu, déjà condamné mais la dernière fois en 2003, «avait un rôle de chef de bande», selon l'un des policiers présents. L'incitation à l'émeute faisait partie des chefs d'accusation. L'avocate du prévenu demande la relaxe, faute d'«éléments neutres et objectifs». «Je regrette qu'on n'ait pas entendu l'une des dix ou quinze personnes qui étaient présentes ce jour-là pour connaître sa version.» Le tribunal a condamné le prévenu pour outrage et rébellion à six mois d'emprisonnement dont cinq de sursis avec mise à l'épreuve durant 18 mois ainsi qu'à payer des dommages et intérêts aux policiers concernés.

  • Nicolas Auffray

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