4 juillet 2009
Y aura-t-il du monde, cet été en Bretagne? À vue de nez, la réponse sera positive car notre région devrait être une destination privilégiée pour le tourisme de crise. Avec une tendance majeure pour cet été 2009: les vacances dans la famille ou chez les amis. La conjoncture étant ce qu'elle est, le tourisme familial deux étoiles et le tourisme convivial trois fourchettes devraient être en forte croissance. Formule économique, elle aura forcément du succès dans notre région qui a engendré des familles à rallonges, avec tripotée de cousins à la mode de Bretagne. Et question amitié, nous sommes solides. D'ailleurs, un épisode précédent prouve qu'il suffit d'être Breton et d'avoir un yacht pour voir rappliquer les copains. Un cousin ou une tante en Bretagne, presque tous les Français en ont. Donc en ces temps un peu difficiles, il faut s'attendre, si ce n'est déjà fait, à recevoir un petit coup de fil de proches venant aux nouvelles. Et comme l'essence est nettement moins chère que l'été dernier, ils ne vont quand même pas se gêner pour faire un saut dans cette Bretagne si vivifiante et si pleine de charme, surtout s'il y a un festival dans le coin ou des prévisions météo aux petits oignons. Et puis, il y a les copains. Ah, les copains... La croissance les avait emportés et ils se trouvèrent fort dépourvus quand la crise fut venue. Ils vont sûrement revenir taper à la porte pour reparler du bon temps pendant une semaine. Et plus si affinités. Mais au-dessus du lot de ces touristes de l'été, il y a surtout ces grands enfants redevenant des Tanguy de juillet-août. Il n'y a pas bien longtemps, ils rêvaient de grands horizons et de quitter leurs «vieux» pour partir à la conquête de l'univers. Et voilà qu'à peine éloignés du foyer, ils reviennent dare-dare se réchauffer à la douce chaleur du barbecue familial. «Pas trop cuites pour moi, les merguez!». Mais n'oublions pas que dans notre langue, semée parfois de curiosités incongrues, le terme hôte est à double sens. Il désigne tout à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu. On peut donc choisir d'être soit l'hôte, soit l'hôte. Et inversement. Alors, au sein de cette Bretagne estivale qui devrait être championne de France du tourisme de crise, à chacun de nous de choisir ce qu'il veut être: soit le coucou, soit le pigeon!
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