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Landerneau. "De vignes en villes" sur les sentiers du vin

3 juillet 2009

Pour sa 17e exposition, le service du Patrimoine a planché sur le commerce du vin qui a fait, en son temps, la richesse de la cité.

Nicole Mainet-Delair, docteur en géographie, Solenn Rouby, adjointe à la culture, et Marie-Pierre Cariou, responsable du service du patrimoine de la ville.

Les expositions estivales de Landerneau attirent, chaque année, de 5.000 à 6.000 personnes, des habitués, des touristes et 20% de scolaires.

Du vin pour la sainte table

L'exposition «De vignes en villes» met l'accent sur le commerce et le transport du vin. Il s'agit encore une fois d'approfondir l'histoire de la cité sous un angle original. Outre, le commerce des vins méditerranéens au temps des romains, on sait que sur le territoire breton, il y avait aussi des vignes dès le VIe siècle comme à Hanvec. Et oui, il fallait bien du vin pour dire la messe ! C'est ainsi que les moines de Landévennec ont produit du vin jusqu'au XIIe siècle. Quelques pépins de raisins de la divine vigne sont présentés dans le cadre de l'exposition. Mais ce vin, trop vert, trop acide se retrouve en concurrence avec ceux d'Aquitaine.

Et pour les marins

«Au XVI, XVII et XVIIIes siècles, c'est l'âge d'or des ports bretons. Brest accueille la Royale avec ses 20.000 marins et autant d'ouvriers dans l'arsenal. Elle installe, à Landerneau, son magasin de vivres», explique Marie-Pierre Cariou, responsable du service du Patrimoine historique. Il ne faut pas oublier que la ration alimentaire journalière de ces hommes comportait 69 cl de vin. «La Marine a stimulé ce commerce des vins d'Aquitaine et notamment des Bordeaux qui tenaient bon la mer car très tanniques», ajoute Nicole Mainet-Delair, géographe. Le vin de moindre qualité alimente les cabarets et on note que le breton était à cette époque un modeste buveur.

Négoce florissant

Ainsi, s'installe dans la ville une dynastie de négociants. Le plus connu est Arnaud Duthoya, arrivé en 1660 et originaire de Saint-Macaire, situé dans la vallée de la Garonne. Son but, organiser ce commerce en plein développement. «Des bateaux chargés de toiles de lins et de pavés extraits des carrières du secteur, quittent le port pour la région de Bordeaux et remontent avec du vin en barriques plâtrées ou recouvertes de toile, du sel de Guérande, de l'huile d'olive, des savons de Marseille, des pruneaux», raconte Marie-Pierre Cariou.

Bienfaiteur de la ville, Arnaud Duthoya achètera un domaine vinicole dans sa région natale, sur la fin de sa vie. La propriété, qui fut aussi la demeure de l'écrivain François Mauriac, produit toujours du Malagar, un délicieux vin blanc légèrement sucré qui sera en dégustation lors des visites guidées.

Ah, l'ivresse !

L'exposition met aussi l'accent sur l'ivresse qui apparaît chez le breton, au XIXe siècle, avec l'apparition des eaux-de-vie que l'on buvait les jours de foires, de marchés. Certaines campagnes des pouvoirs publics à l'époque préconisent de boire du vin plutôt que des alcools forts.

À noter que de nombreux objets, amphores, tonneaux, pichets, verres, bouteilles, outillages, maquettes jalonnent ce voyage au pays du vin, un produit faisant partie de notre patrimoine culturel. Plusieurs conférences sont proposées dès septembre.


Pratique «De vignes en villes» tous les jours, de 10 h 30 à 13 h et de 15 h à 18 h 30, puis dès septembre, de 16 h à 18 h, à la salle Toull Kog. Entrée libre. Visites guidées à 17 h 30, les 16 juillet, 13 août et 19 septembre avec dégustation. Sur rendez-vous pour les groupes au 02.98.85.76.00.

  • Monique Madec

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