3 juillet 2009
Amnesty International a publié, hier, un rapport accablant sur l'offensive israélienne à Gaza menée en décembre-janvier, accusant à la fois Israël et le Hamas d'avoir «violé les lois humanitaires internationales» en s'attaquant à des civils.
Dans son rapport intitulé «22jours de morts et de destruction à Gaza», publié hier, Amnesty International a confirmé le bilan des services de santé palestiniens de 1.400 Palestiniens tués et quelque 5.000 blessés lors de l'offensive israélienne, l'hiver dernier, dans la bande de Gaza. L'organisation de défense des droits de l'Homme, basée à Londres, accuse notamment l'armée israélienne de n'avoir pas «distingué entre cibles civiles et militaires». Elle accuse aussi le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, et les autres groupes armés palestiniens de «crimes de guerre» pour avoir tiré des centaines de roquettes contre Israël. Mais elle nie que le Hamas se soit servi de la population palestinienne comme «bouclier humain» à Gaza.
Vives réactions des belligérants
Ce rapport a suscité de vives réactions tant de l'armée israélienne que du Hamas, qui l'ont aussitôt dénoncé. «Le ton général du rapport démontre que l'organisation a succombé aux manipulations du Hamas, une organisation terroriste», a ainsi affirmé le porte-parole de l'armée israélienne, pour qui ce rapport «n'est pas équilibré», arguant qu'il ne tient pas compte des «neuf années durant lesquelles le Hamas a constamment tiré des roquettes vers un quart de millions d'Israéliens. Il présente un point de vue déformé des lois de la guerre qui ne correspondent pas aux règles appliquées par les États démocratiques en lutte contre le terrorisme». A Gaza, le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri a également rejeté les conclusions du rapport, affirmant qu'il n'était «ni équitable ni équilibré». «Il a porté de fausses accusations à l'encontre du Hamas tout en réduisant la gravité des crimes commis par l'occupant israélien... Il vise à brouiller les cartes et offrir une opportunité pour masquer l'ampleur des crimes israéliens», a déclaré M.Abou Zouhri. «Il met bourreau et victime sur le même pied d'égalité», a-t-il ajouté.
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