3 juillet 2009
La vente directe n'est plus l'apanage des productions fermières ou de plein air. L'industriel volailler breton Tilly-Sabco va mettre en place un réseau de vente itinérante de viande congelée.
2,24euros le poulet de 1,2kg; 70 centimes le steak haché de boeuf de 120 grammes, 4,48euros le kg de viande de porc: au moment où la crise encourage le consommateur à se ruer vers les petits prix, le concept a des chances de faire recette. Tilly-Sabco, l'industriel breton de la volaille spécialisé dans l'exportation de poulet congelé vers le Moyen-Orient a présenté hier Ecomiam.com, son nouveau concept de distribution par camions frigorifiques de produits alimentaires surgelés. L'abatteur qui est à la recherche de partenaires transporteurs frigorifiques, veut toucher 180 villes françaises d'ici 18 mois. Le système a déjà été testé avec succès au port de commerce de Brest en avril mai et juin. En cinq demi-journées, 25.000 poulets surgelés ont été écoulés!
Prix bas en permanence
«J'ai imaginé en partenariat avec des éleveurs un réseau de distribution épuré qui rétablit le lien entre les filières de production agricole et les consommateurs. L'organisation en circuit court et la vente en colis garantissent des prix bas en permanence. 30% moins chers que les premiers prix en grande surface», explique Daniel Sauvaget, P-dg de la société Tilly-Sabco. La vente a lieu à des jours et heures fixes. Les consommateurs effectuent leurs commandes et leur paiement sous un barnum et s'approvisionnent au pied du camion. Les poulets sont vendus par carton de 10 ou de 8 à 26,90euros les 12kg, la viande de porc (côtes et rôtis) par colis de 6kg au prix de 26,90euros et le boeuf par colis de 4,32kg est vendu 25,50euros.
Trois partenaires
Côté production, Tilly-Sabco travaille avec trois partenaires: le groupement Prestor Cecab pour le porc et la filière charolaise Cyalin pour la viande. Quant à la volaille, elle est produite par le groupement des producteurs des Monts d'Arrée avec une durée d'élevage de 50 jours (au lieu de 35 pour le poulet standard et 80 pour le poulet label). Pour Daniel Sauvaget, cette nouvelle forme de commercialisation va sécuriser les débouchés et protéger la rémunération des éleveurs des aléas du marché international et des importations à bas prix.
Plus de marge au producteur
Côté marges, sujet brûlant, Daniel Sauvaget précise que ce système doit permettre, selon le type de viande, de laisser au producteur de 49,51 à 54,29% du prix payé par le consommateur, contre 24,85 à 33% pour le transformateur et 12,28 à 15,65% pour le distributeur. Le patron breton table enfin sur un chiffre d'affaires de 1,8million d'euros en 2009 et 55millions d'euros en 2012. Il prévoit un recrutement progressif de 60 personnes. http://www.ecomiam.com
Cette initiative est diversement accueillie chez les professionnels bretons. «Symboliquement, c'est une initiative intéressante dans le débat actuel sur la répartition des marges», note Olivier Alain, producteur de viande bovine. «On a rien contre. Nous, ce que l'on dénonce, c'est la concurrence déloyale, la vente à la ferme déguisée, là ce n'est pas le cas», indique pour sa part Jean-François Guihard président du syndicat des bouchers bretons. En revanche, pour Gilles Maréchal, président de la fédération régionale des Civam, réseau d'agriculture durable, il y a risque de confusion. «??a reste une production générique. Ce qui est embêtant, c'est qu'on classe sous le même vocable des démarches qui relèvent de pratiques et d'une vision de l'agriculture tout à fait différentes».
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