2 juillet 2009
Cinquième volet de notre série sur le tourisme au pays d'Auray:le luxe fait-il toujours recette? Casinos, thalassos, locations et hôtels somptueux vont-ils souffrir de la crise? Début de réponse...
Le camping a été annoncé comme le grand gagnant de l'été 2009 par de nombreux observateurs du tourisme. De fait, les comportements de certaines catégories changent: «Les hommes d'affaires ont réduit leur budget, et privilégient des gammes d'hôtels moins coûteuses», annonçaient, il y a quelques mois, les membres du collectif «hôtellerie et tourisme» du syndicat CFDT services de Vannes et sa région. En période de crise, le luxe ne fait plus recette.
Les joueurs reviennent
Durement touchés, eux aussi: les casinos, qui jouent gros après un hiver morose (de -15 à - 20% suivant les établissements). Le casino de Quiberon garde pour le moment la main: Arnaud Mandret ne trouve pas matière «à se plaindre en ce début de saison». Après un hiver plus que morose, et un été 2008 catastrophique, depuis mars, les joueurs sont de retour et tentent à nouveau leur chance. «Avril était bon, mai correct, et juin aussi avec, comme point fort, notre soirée anniversaire. Pour la suite, il me faudrait une boule de cristal!», détaille Arnaud Mandret, qui ne parie pas... sur l'avenir.
Elargir et rajeunir la clientèle
L'établissement a décidé de se tourner vers une clientèle beaucoup plus vaste en proposant plus de jeux. «Il y a maintenant des machines à sous à partir de 0,01EUR. C'était une demande de la clientèle pour passer plus de temps, avec un même budget de départ. En proposant des tables de poker, on a également rajeuni la clientèle». Au casino, pour séduire le public, un effort particulier a été fait sur l'accueil. Même (ou surtout) avec un porte-monnaie moins rempli, le joueur continue à rêver au jackpot.
Luxe caché à Belle-Ile
Quiberon est également le site phare de la thalassothérapie en France, mais pour avoir votre chambre au Sofitel Thalasso ou, encore mieux, au Sofitel Diététique, mieux vaut avoir un peu d'économie dans le bas de laine. Selon certaines sources, si la clientèle «people» continuerait à répondre présent, une désaffection de la clientèle étrangère serait désormais confirmée. Reste Belle-Ile et son luxe sauvage, ses paysages magnifiques et ses habitations... hors de prix. Si l'argent vient à Belle-Ile, ce serait discrètement. Pas de tape-à-l'oeil. Rien ne se montre. Les patrons de presse, les hommes d'affaires, les commis de l'Etat ou les politiques peuvent passer un séjour insulaire en toute tranquillité. Une règle d'or si l'on veut se reposer et profiter du site.
«Tout est une question de services»
«Les ventes se font sur de belles propriétés avec des tarifs haut de gamme, expliquent, sans s'attarder, les notaires. Le luxe, c'est de pouvoir acheter la maison traditionnelle avec de belles prestations intérieures qui ne se voient pas de l'extérieur. La seule différence visible, c'est la situation». C'est-à-dire avec vue sur la mer ou près d'une plage. «Et c'est très rare». Avec un ticket d'entrée à 300.000EUR, la vue sur mer, quand on la trouve, c'est plutôt du 750.000?. Coté hôtels, là aussi, rien de vraiment tapageur. «Tout est une question de services», commentent subtilement les propriétaires des trois hôtels les plus confortables de l'île, dont les suites varient, en haute saison, entre 650EUR la nuit pour un quatre étoileset 250EUR pour un trois étoiles, pour deux personnes.
Le luxe, c'est le calme
Seule indication concrète de la vitalité du tourisme de luxe: la location de belles maisons aux prestations confortables. «Nous sommes sollicités sur ce type de produits. Les vacanciers qui en ont les moyens veulent vraiment profiter de leurs semaines de repos avec tous les services qui leur permettent d'être comme chez eux, mais en mieux», confie l'une de ces agences. «Finalement, ce que recherche le touriste nanti, c'est du calme dans un paysage préservé sur fonds de bleu turquoise, hors des contraintes quotidiennes». Une rareté qui en fait le vrai luxe.
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