2 juillet 2009
À Quimper, il suffit de se pencher pour voir des plantes carnivores digérer leur proie, découvrir l'émeraude d'une libellule. Mais un guide est recommandé. Toutes les semaines, Bruno Ferré donne les clés de la nature bretonne.
«C'est naturel toutes ces fleurs? Elles n'ont été pas été transplantées ici?». La participante se mord les lèvres à peine posée la question. La tourbière de Kerogan que fait visiter à un petit groupe de naturalistes Bruno Ferré, ce mercredi matin, est naturelle. C'est d'ailleurs bien pour cela que la visite a lieu. Kerogan est un site naturel et pourtant! Il est cerné par les bâtiments de bureaux et d'habitation. «C'est vrai qu'avant on voyait l'Odet», remarque une visiteuse en montrant les logements neufs. «Oui, mais ce bâtiment a remplacé la patinoire qui bouchait aussi la vue», précise Bruno Ferré.
Voir les droseras
Bref, la tourbière de Kerogan, les Cornouaillais en ont entendu parler depuis le temps que Bretagne Vivante y organise des visites guidées, mais bien peu connaissent vraiment. «J'avais envie de voir, dit Josiane, venue de Landudal. Cela fait bien 20 ans que j'entends parler de cette tourbière, des droseras, les petites plantes carnivores».
Ce mercredi matin, réuni sur le parking en attendant le guide de Bretagne Vivante, le petit groupe a fait connaissance. Il y a Georges et Simone, un couple qui habite la Seine et Marne, «mais nous sommes originaires du pays». «Ce genre de balade n'existait pas quand nous étions jeunes», constate Simone. Georges avoue un regard d'expert. «Au ministère de la Défense, je m'occupais des installations classées. Les camps militaires recèlent une richesse naturelle importante. C'est peut-être là qu'il y a la plus grande diversité». Il se souvient aussi que son père extrayait de la tourbe de Brennilis pendant la guerre.
Tourisme contemplatif
Il y a encore Françoise et Dominique. Lui aussi est un expert. «Je suis guide naturaliste en Haute-Savoie. Il ne faut pas le dire au guide qui va arriver. Je fais aussi des visites faune et flore de montagne. Je commence samedi prochain. Mais il y a de moins en moins de monde en été qui s'y intéresse. On est passé d'un tourisme plus contemplatif au tourisme VTT». Les villages de montagne se transforment donc en parcs d'attraction.
Il est temps de commencer la visite. La tourbière de Kerogan a bénéficié d'un «contrat nature» en 1996-1998: elle est aujourd'hui protégée et stabilisée. Elle a commencé à s'installer il y a 7.500 ans, mais a failli disparaître au début des années 1990.
«Il y a eu des travaux importants d'entretien au printemps dernier, dit Bruno Ferré. Le site se porte bien». À en juger par la taille des droseras que les sept visiteurs vont découvrir, on veut bien le croire. C'est parti pour deux heures et demie de dessins, de photos, d'histoires, d'anecdotes et de doctes digressions.
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