2 juillet 2009
Pour la première fois dans le département et un peu partout en France, les professionnels et les familles dénoncent d'une même voix la politique menée par l'Etat envers les personnes âgées les plus vulnérables. Une politique qui risque en effet de conduire à une baisse sensible de la qualité des prestations mais aussi des soins dans les établissements accueillant les personnes âgées et ce, en complète contradiction avec les dernières lois censées favoriser l'accompagnement de la perte d'autonomie et les plans solidarité grand âge et Alzheimer en cours.
Une gestion comptable dénoncée
«Depuis dix ans, les établissements se sont engagés dans un processus d'amélioration de la qualité des services. Aujourd'hui, on sent poindre une notion de financement liée à la notion de dépendance au détriment de la notion de qualité», souligne Bernard Coignec, président de la Fnadepa 29. «On est de véritables acteurs de santé publique. Les personnes âgées vont mieux en maison de retraite grâce aux professionnels. Aujourd'hui, l'État commet un véritable hold-up en rationnant les moyens de soins», renchérit David Guevel, directeur de la maison de retraite Alexis Julien, à Ploudalmézeau. Des inquiétudes relayées par les professionnels de soins à domicile qui se sentent abandonnés au milieu du gué. «Beaucoup de services de soins se retrouvent avec des déficits importants liés au financement des structures», précise David Cardinal, directeur de service d'aide et de soins à domicile qui réclame également que le crédit d'impôt pour les bénéficiaires d'une aide à domicile ne payant pas d'impôt sur le revenu soit étendue aux personnes âgées. La crainte est également vive du côté des familles. «Actuellement, ce sont sept minutes au lieu de 15 qui sont consacrées à la toilette», indique Colette Connan, présidente de Bien Vieillir ensemble, qui pose également le problème des tarifs des maisons de retraite. «Nous sommes favorables à la mise en place rapide du cinquième risque de protection sociale basé sur une solidarité nationale». Et tous s'interrogent sur l'utilisation des crédits votés chaque année par le parlement ainsi que des produits de la journée de solidarité depuis le drame de la canicule.
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