2 juillet 2009
C'est l'un des trois derniers phares bretons encore habités: depuis hier, la vigie de Sein est ouverte au public. Des visites avec guides et en présence des gardiens. Parmi eux: Serge Coatmeur, 35années de pratique d'un métier en voie de disparition.
Le phare de l'île de Sein peut désormais être visité. Pas Ar Men, ni La Vieille, désertés depuis l'automatisation et toujours aussi inaccessibles au commun des mortels. Mais celui qui, fièrement planté à la proue du «caillou», guide, du haut de ses49mètres, une navigation qui doit souvent une fière chandelle à son ampoule. Bichonné par deux binômes se relayant chaque semaine, l'édifice, reconstruit en 1952, après son dynamitage de 1944 par l'occupant allemand, est l'un des trois derniers phares bretons encore habités. Dans son logement de fonction attenant, Serge Coatmeur y est d'autant plus à l'aise qu'il est né au coeur d'une maison de gardien à Plogoff (29), en 1956. Petit-fils de gardien et petit-neveu d'un grand-oncle qui veillait à La Vieille, dans le terrible Raz, il est carrément revenu sur les lieux de son enfance. «Mon oncle officiait à Sein où je passais mes vacances dans ce qui représentait pour moi un grand espace de liberté. Lorsque j'y ai été affecté en 1997, j'ai retrouvé toutes les odeurs avec une certaine émotion».
Un ensemble vital
Avant ce retour aux sources, Serge aura commencé sa longue carrière aux Pierres Noires, au large du Conquet (29). Premier bachelier gardien de phare, il travaillera ensuite sur Ar Men et La Vieille (trois ans) avant d'émigrer huit années en Corse autour de la lanterne du Revellata de Calvi. Le retour au pays passera alors par Penfret, aux Glénan (29), jusqu'à son automatisation («C'est moi qui ai mis la clef sous la porte en 1993»). Être gardien à Sein, pour le contrôleur des Phares et balises de la DDEA, consiste en une maintenance pointue d'un ensemble vital. Non seulement pour la navigation, mais aussi pour les îliens eux-mêmes. Le complexe comprend effectivement les trois groupes électrogènes fournisseurs de toute l'électricité et le centre de désalinisation de l'eau de mer. Adjoint au maire, SergeCoatmeur est d'autant plus concerné par leur bon fonctionnement qu'il l'est forcément par l'ouverture des phares au public en partenariat avec les communes. Celle de Sein, qui embauche deux jeunes guides pour la circonstance, se réjouit de cette initiative qui a pris effet officiellement hier et qui durera jusqu'à fin août. Le restant de l'année, seuls les groupes ayant pris rendez-vous via la mairie, y seront accueillis.
Deux euros la visite
Moyennant deux euros, le visiteur pourra ainsi contempler une expo photos retraçant les étapes de la construction ainsi que divers objets concernant l'activité. Il restera alors à escalader les240 marches qui mènent à la lanterne, avec vue imprenable vers l'Amérique. Avant de pouvoir déguster, au milieu de l'été, la toute nouvelle «huître de Sein», réintroduite au pied du phare après dix ans d'interruption. Et, l'an prochain, les premiers ormeaux élevés dans l'écloserie municipale récemment réhabilitée. «Des produits haut de gamme» en salive déjà celui qui vit pleinement son «métier traditionnel en voie d'extinction». Mairie de l'île de Sein: 02.98.70.90.35
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