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Finistère

Infirmier libéral. Peu de réaction à la menace de l'aide-soignant

1 juillet 2009

Déçus par l'affluence,Yveline Cann et les membres du syndicat finistérien des infirmiers libéraux devront administrer des piqûres de rappel. Photo Yann Le Gall

Seule une trentaine d'infirmiers libéraux du département, sur les 1.300 en activité sur son territoire, se sont déplacés, hier après-midi, au Faou pour s'informer des dangers que ferait peser une proposition de loi sur leur profession. En l'occurrence, celle déposée le 1eravril dernier par le député iséran Alain Moyne-Bressand visant à accorder le statut libéral aux aides-soignants. Selon Yveline Cann, porte-parole du syndicat des infirmières et infirmiers libéraux du Finistère, «rien ne s'opposera alors à ce que des actes médicaux leur soient délégués directement par le médecin alors même que ces professionnels n'ont aucune formation en pharmacologie ou en biologie médicale. Ce qui risque d'avoir un impact sur la qualité et la sécurité des soins».

Un tiers perdant

Pour les infirmiers libéraux, les conséquences de cette concurrence pourraient s'avérer catastrophiques. Partant du principe que les actes facturés aux aides-soignants seront moins élevés que les leurs, ils redoutent «20.000cessations d'activités en France parmi les 60.000 professionnels recensés». L'infirmière libérale de Plougastel estime également qu'un tiers de ses collègues finistériens pourraient être contraints d'abandonner le libéral. Dans ces conditions, comment expliquer la faible affluence à la réunion d'hier? «Peut-être parce qu'il s'agit du troisième projet de loi en faveur du statut libéral des aides-soignants. Mais cette fois-ci, la menace est sérieuse. Le Parlement pourrait se prononcer dès juillet et nous savons que le ministère de la Santé a pris les devants en étudiant les conditions d'intégration des aides-soignants libéraux à notre caisse de retraite». Pour éviter cette issue, le syndicat a multiplié les courriers aux parlementaires. «Cinq députés (*) ont répondu et s'engagent à au moins nous informer de l'évolution de la situation».

* Christian Ménard, Patricia Adam, Marylise Lebranchu, Annick LeLoch, Gilbert Le Bris et JacquesLe Guen.

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