• LeTélégramme.com

Agenda

Crieurs publics. Sur le pavé quimpérois en décembre

30 juin 2009

Avis à la population ! Du 11 au 13 décembre, Très Tôt Théâtre organisera un rassemblement des crieurs publics. Une première lancée à l'appel de la crieuse du Festival et de la coopérative des crieurs de l'Ouest.

La crieuse du Festival Théâtre à tout âge a lancé son appel aux crieuses et aux crieurs de France et de Navarre.

En créant de toutes pièces son personnage de crieuse publique, Laurence Landry, est devenue «l'hirondelle» du Festival Théâtre à tout âge.

Distillant, depuis cinq ans, sur le pavé quimpérois, coups de gueule, messages d'amour et petites annonces poétiques et pleines d'humour, la comédienne brestoise s'est fait la complice de la population.

L'oreille et la voix du Festival

«La rue a des milliers de choses à dire et je suis ce catalyseur», avoue la crieuse. «Il y a eu des beaux moments», se souvient-elle, comme ce jour où une jeune femme lui a demandé d'annoncer à son mari, sur le trajet de retour du travail, qu'il allait devenir papa. Avec sa casquette de la SNCF vissée sur la tête, son blaser, ses pompons, son sifflet et ses gants blancs, elle est «l'oreille et la voix du Festival». «On a voulu faire sortir le festival dans la rue», souligne Jean-Claude Paréjà, le directeur de l'association Très Tôt Théâtre qui a aussi accompagné l'artiste sur la création de son spectacle de rue «Gondebaud ou les malheurs d'un héros», fil rouge du festival l'an dernier.

À partir de cette belle aventure, les organisateurs ont voulu donner un nouvel écho en invitant les crieurs publics de France et de Navarre à battre le pavé quimpérois.

Un nouveau terrain de jeu

«Ce qui fait la particularité des crieurs en France, c'est le fait que ce soit des artistes, des comédiens, des créatifs. C'est très lié au théâtre de rue», explique Bernard Colin, metteur en scène de la compagnie Tuchenn et créateur en 2009 de la coopérative des crieurs de l'Ouest. Quelques figures de la profession, dont l'émergence est liée à l'air du temps et à ce besoin de créer du lien social entre les gens, devraient être présentes à ce rassemblement.
Parmi eux, Gérard Rigaud, du quartier de la Croix-Rousse, à Lyon (69), qui fait une criée tous les samedis ou les crieurs concarnois de l'Art Déraille, Marcel C'est Tout et Isidore Bouillot des Monts. L'événement, sur trois jours, devrait donner lieu à de belles joutes oratoires.

Outre les visites insolites de Quimper et un colloque des crieurs, sont en effet programmés un lâcher de crieurs ainsi qu'une grande criée sur le parvis de la cathédrale sans oublier les criées dans les communes du Pays de Cornouaille. «Quand la population commence à connaître ses crieurs, elle sait que les messages sont des occasions de jeux et les rédige en fonction des improvisations qu'ils peuvent déclencher», précise Bernard Colin. Laurence s'amuse ainsi des didascalies laissées sur les messages et n'hésite pas à les chanter à la manière de Piaf ou de Claude François. Des fans de Fred Vargas, auteure de polars à succès, lui ont glissé dans sa boîte aux lettres des passages de «Pars vite et revient tard», clin d'oeil à l'un des personnages du roman, Joss, l'ancien marin breton devenu crieur de nouvelles.

  • Delphine Tanguy

© Copyright Le Télégramme 2009