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Finistère

Employés de vie scolaire. Ils tirent la sonnette d'alarme

29 juin 2009

Dans le Finistère, 250 employés de vie scolaire (EVS) arrivent demain au bout de leur contrat. Et vont devoir redevenir demandeurs d'emploi, alors que les besoins auxquels ils répondent, eux, restent criants...

Loïc Balouet, responsable du Sgen-CFDT départemental, et Yves Briand, employé de vie scolaire à Brest, réclament la prolongation du contrat des EVS. Photo P.L.B.

En 2006, 30.000 emplois de vie scolaire (EVS) avaient été créés au sein de l'Éducation nationale, dans le cadre du plan de cohésion sociale. Et proposés à des personnes en situation de précarité: handicapés, bénéficiaires du RMI et demandeurs d'emploi de plus de 50 ans, notamment. Dans le Finistère, 250d'entre elles se sont vu proposer de devenir EVS pour un maximum de trois ans, à raison de 26heures de travail hebdomadaire, pour une rémunération mensuelle de 808EUR. Leurs missions: remplir des fonctions d'aide à la direction d'école ou accompagner les enfants handicapés. Ces 250employés de vie scolaire arrivent en fin de contrat et s'apprêtent à retrouver le Pôle Emploi, à la grande indignation de syndicats.

Large indignation

«Pour tous ces gens, explique LoïcBalouet, responsable départemental du Sgen-CFDT, il s'agit d'un cruel retour à la case départ et à une précarité accrue, alors qu'ils ont parfaitement rempli leurs missions. Dans un contexte de crise économique et de montée du chômage, le gouvernement fait fi des besoins des écoles et des parents d'élèves handicapés, en ne conservant pas ces personnels expérimentés. Pour couronner le tout, des pré-recrutements ont lieu en ce moment, afin de préparer le remplacement de ces EVS qui n'ont pas démérité... Au regard du code du travail, c'est scandaleux! On n'imagine pas cela dans le privé». EVS à l'école Achille-Grandeau du Relecq-Kerhuon, Yves Briand tient à souligner, pour sa part, que le contrat des EVS prévoyait un volet formation et que celui-ci n'a aucunement été respecté par l'État: «Quand nous nous sommes tournés vers le Greta, on nous a répondu que les crédits n'existaient pas... On n'utilise les EVS que pour combler des manques». Et de s'excuser presque: «Moi, je suis un peu ?privilégié?: j'ai signé mon contrat à plus de 50ans (j'en ai aujourd'hui 54). Cela m'autorise à poursuivre mon activité, mais la plupart de mes collègues n'ont pas cette ?chance?...».

«Encore plus fragilisés qu'avant»

Après avoir dirigé un foyer-logements pour étudiants à Saint-Brieuc, Yves Briand a connu des problèmes de santé et, tout en recherchant du travail, a vécu huitans avec l'équivalent du RMI, avant de signer un contrat d'EVS. «Mon âge et ma longue période d'inactivité ne me laissaient pas le choix mais, ces dernières années, j'ai retrouvé le sens de la valeur travail. Comme tous mes collègues qui se sont redynamisés et qui vont se retrouver encore plus fragilisés qu'avant, si le gouvernement n'accepte pas de prolonger les emplois de vie scolaire...».

  • Patrice Le Berre

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