27 juin 2009
«Nous sommes dans les petits restes de quelque chose qui était très important. À la fin du XIXesiècle, Félix Gaillard a compté plus de 6.000 menhirs à Erdeven, soit le double de ce que l'on a à Carnac. Mais ces pierres formaient une excellente carrière, pour la construction des maisons -les linteaux- et même des phares de Belle-Ile!». C'est ce qu'expliquait Howard Crowhurst, dimanche dernier, lors de la visite des sites mégalithiques de la commune, entre Kerzerho, Mané Braz et Crucuno, organisée dans le cadre du solstice d'été à Plouharnel (*).
Abandonnés dans les bois et les ronces
Ce que l'archéologue soulignait à Kerzerho, c'est que les lignes de menhirs encore en place ne sont que le début d'un alignement qui s'étendait vers le nord sur plus de 4km, «jusqu'à Bovlann, mais avec un trou au milieu, là où il y a un tertre non répertorié», après la Chaise de César. Les participants à la balade ont pu suivre cet alignement par bribes, en découvrant dans les sous-bois de très nombreux mégalithes, pour beaucoup abandonnés dans les bois et les ronces. «La différence avec Carnac, c'est qu'ici, la forêt a poussé, et ne permet pas de visualiser l'ensemble, et que les pierres ont disparu sur les parties cultivables». À Mané Braz, Howard Crowhurst a expliqué l'importance centrale du monument dans la géographie des principaux sites mégalithiques «qui quadrillent tout le sud-Morbihan, selon une organisation très précise en fonction du soleil, de la lune et de l'axe est-ouest».
Un lien certain avec l'astronomie
La première allée est orientée selon le lever du soleil au solstice d'hiver, le deuxième monument en fonction du coucher le même jour, le troisième, ouvert sur le sud, voit son couloir s'illuminer à midi le jour du solstice d'hiver, et le quatrième monument, plus au nord semble construit selon l'image de la constellation de l'Ourse. Pour l'archéologue, et les universitaires britanniques qui l'accompagnaient, ces constatations portent à la fois la certitude d'une cohérence globale du mégalithisme, en lien avec l'astronomie, et soulèvent d'autant plus de questionnements quant aux peuples réputés «primitifs», qui ont conçu cette toute première architecture monumentale humaine.
(*) www.megalithes.info
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