25 juin 2009
Le coup d'envoi des soldes d'été a été donné hier. Avec la crise, les gens vont-ils acheter autant? Les soldes démarrent-ils trop tôt ? Nombreuses sont les interrogations qui persistent...
Les soldes d'été cette année? Ils ont démarré en douceur, tant pour les clients que pour les commerçants. Chez ces derniers, on oscille entre optimisme et inquiétude. Alors, la crise se fait-elle ressentir? Les soldes démarrent-ils à la bonne date, sont-ils trop fréquents? Les avis divergent...
«Faire attention tout en se faisant plaisir»
Le climat de crise est plus ou moins ressenti par chacun. Si, pour certaines enseignes comme Kid Planet ou Z, les affaires marchent «comme d'habitude» depuis le début de l'année, d'autres n'ont pas cette chance, en particulier celles où les prix restent élevés. Pourtant, globalement, la confiance prévaut, même si la prudence reste de mise, comme chez Cache Cache: «Nous attendons beaucoup des soldes, mais nos clientes cherchent davantage les petits prix et font plus attention». Même refrain du côté d'Aulona: «Les ventes restent bonnes, même si nous avons un peu ressenti la crise cette année et n'avons pas été envahis ce matin. Mais tout dépend des gens». Car il en est de même du côté des clients: «C'est sûr, j'ai freiné mes dépenses depuis le début de l'année», confie une cliente à Cache-cache, ce qui n'est pas le cas d'Anne, qui avoue être une «grande dépensière». Là encore, des points de vue alternatifs existent: «Il faut faire attention, mais on peut toujours se faire plaisir», selon Véronique.
Fréquence et date des soldes pointées du doigt
Malgré un démarrage correct des soldes, certains commerçants pointent du doigt sa date, jugée trop tôt, tout en dénonçant la multiplication des soldes tout au long de l'année. C'est le cas de L'Échelle et des Vêtements Le Bourlay, pour qui les soldes ne devraient pas démarrer avant juillet ou août, mais «c'est Paris qui commande». Tous deux déplorent les inconvénients, à la fois avant et après, de ces dates: «Dès mai, les ventes sont freinées car les gens attendent pour acheter, puis, en août, les gens sont déçus car il n'y a plus de soldes». Entre soldes d'été et d'hiver, soldes flottants, promotions diverses, la clientèle serait également «diluée, achetant toute l'année en solde». Le risque? Que les soldes «perdent de leur impact», que la consommation soit perturbée, et que des petits magasins disparaissent «si les gens n'achètent pas en dehors des soldes». Pourtant, une fois de plus, les points de vue varient. Pour Aulona et Celio, les soldes flottants fonctionnent s'ils sont bien organisés, en symbiose avec les boutiques environnantes, tandis que chez Bonobo, l'on se félicite du bon fonctionnement du magasin grâce notamment aux nombreuses offres et opérations tout au long de l'année. Alors, trop de soldes, pas assez, une crise qui se fait ressentir? Face à la multiplicité des opinions, une seule chose est sûre, ces questions font débat...
«Après la crise financière puis économique, il est vrai que les soldes peuvent prendre plus d'importance pour les gens. Avec cette conjoncture, faire des économies est un argument de vente. Toutefois, tout n'est pas aussi lié qu'on le peut le croire. Pour ma part, j'achète non pas pour acheter, mais uniquement sur des coups de coeur et donc pour me faire plaisir. Un achat, c'est aussi un sentiment relationnel avec l'objet, il faut le trouver beau». «Je me moque des soldes et je n'achète que lorsque j'ai besoin, crise ou pas crise. Je trouve que la période des soldes est une arnaque. Les soldes poussent les gens à acheter, même quand ils n'en ont pas besoin. Sans doute pensent-ils faire une bonne affaire. Mais ils n'ont ensuite aucune possibilité d'échange. ?? mon sens, c'est une forme de gaspillage».«Je pense cette année faire entre 400 et 500 ??? d'achats, uniquement pendant les soldes. Les soldes vont me permettre d'accroître le nombre de mes achats, essentiellement des vêtements et des chaussures. La crise a eu une forte influence sur les soldes qui sont cette année très intéressants, et dès le premier jour. Toutefois, ceux qui subissent la crise n'auront peut-être pas les moyens d'en bénéficier».«Je pense que la crise ne change rien. Les gens achètent toujours, même en dehors des soldes. Cette période n'est pas si exceptionnelle. Maintenant il y a régulièrement des promos, pendant presque toute l'année. Pour ma part, je n'achète que sur des coups de coeur et je regarde rarement le prix. Il est vrai que je ne gère pas encore ma vie. Mais cette façon de faire me correspond bien».
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