24 juin 2009
C'est un site archéologique majeur que fouille actuellement l'entreprise anglaise Oxford Archaeology, à Trégueux. Un village gaulois se trouvant sur le tracé de la future rocade briochine.
Après la villa gallo-romaine découverte en 2006 à Ploufragan, le second diagnostic effectué par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), dans le cadre de la construction de la rocade briochine, avait permis de mettre à jour un important village gaulois et un fort romain (LeTélégramme du 5avril 2008) dans la commune de Trégueux. Un site majeur s'étendant sur environ 7,5ha et intéressant le tracé de la rocade, sur une longueur d'un kilomètre.
Dix mois de travaux
Sur la base de la prescription formulée par la Direction régionale de l'archéologie et de la culture (Drac), à qui l'Inrap avait rendu son rapport, un appel d'offres a été lancé dans la foulée par le conseil général des Côtes-d'Armor. Jusque-là, 100% des chantiers bretons étaient fouillés par l'Inrap, mais contre toute attente, c'est une entreprise anglaise qui a remporté le marché. Car, contrairement à l'institut français, Oxford Archaeology, dont la proposition financière était mieux-disante, était de surcroît capable de démarrer le chantier immédiatement. Débutés le 15juin, les travaux devraient s'achever en avril2010. Coût de l'opération: 2,8MEUR.
«J'ai lu tous les Astérix»
?uvrant essentiellement outre-Manche, la société anglaise, qui compte plus de 250 salariés, a une solide expérience de 35 ans dans l'archéologie. Déjà implantée à Montpellier, elle vient aussi d'installer un bureau à Caen. Pour l'instant, la plupart des treize archéologues sur le site sont anglais. Mais à terme, grâce notamment à l'embauche de nombreux CDD, l'effectif, qui atteindra une quarantaine de personnes en période de pointe, va se franciser. Pour Tim Allen, responsable du chantier, ces fouilles constituent une première. «J'ai lu tous les Astérix, mais je n'avais encore jamais fouillé de village gaulois», confiait-il, hier, avec un humour «so british» et dans un excellent français.
Une demeure aristocratique
Dans un premier temps, son équipe a décapé une partie du site où, «normalement, nous n'aurions rien dû trouver». Or, entre l'enclos défensif que l'on devine du côté de la rue de La Porte Allain, et les traces d'habitat dense qui ont été mises au jour près de la chapelle Sainte-Marie (où pourrait aussi se trouver un sanctuaire), les archéologues ont fait une importante découverte. Les traces d'une grande cour, avec deux entrées, et d'une importante demeure aristocratique. La plus grande jamais découverte dans le Nord-Ouest de la France, avec ses 35m de long.
Pas de trésor à déterrer
À peine les fouilles commencées et déjà, des tessons de céramiques, dont des morceaux d'amphore Dressel 1A (fin du IIesiècle avant JC) ont été retrouvés, à proximité des vestiges de ce bâtiment. «Tout cela est assez rare, c'est un très bon début», soulignait Tim Allen, qui estime qu'il «existe encore beaucoup de choses à trouver». Ces objets seront entreposés et analysés dans un petit bureau, à Yffiniac. Avant que la rocade ne vienne recouvrir le site. Car si ce dernier est remarquable d'un point de vue scientifique, il n'y a rien à y voir. Ni aucun trésor à déterrer. Seulement des trous de poteaux en bois que le temps avait fait disparaître.
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