19 juin 2009
Autour de ses gîtes écolos de Keruzerh, le jardin d'Anne-Marie Tortellier répond à une double exigence: être aussi écolo et nécessiter le minimum de travail, faute de temps. Pour y répondre, les techniques mises en oeuvre ont de quoi décontenancer les jardiniers habitués aux potagers au cordeau. D'abord, Anne-Marie ne retourne pas la terre: «Bêcher casse les écosystèmes du sol, et ça fait mal au dos! Jardiner doit rester un plaisir pour le jardiner comme pour les petites bêtes!» Anne-Marie n'utilise comme outils de jardin qu'une serfouette, une pelle pour faire les trous, une fourche pour les paillis, et un canif pour les limaces, afin de confectionner un purin dont l'odeur éloigne leurs congénères, et préserve ainsi ses melons semés sur un talus de terre, «pour moins avoir à se baisser!». De même pour les cornichons.
Pas de mildiou ni de doryphores
Samedi, les quelque 300 visiteurs venus à Keruzerh pour la journée des jardins, ont aussi été intéressés par l'utilisation importante du paillis, «beaucoup moins cher que les bâches plastiques» et qui laissent la terre respirer, et qui, pour les pommes de terre, évitent d'avoir à butter: «Moins de travail!». Ce qui les surprenait, c'était aussi qu'ainsi, et sans pesticide, Anne-Marie bénéficie d'une belle production, sans subir mildiou ni doryphores. Le secret est dans un écosystème qui fonctionne bien, avec des insectes et des oiseaux qui font une partie du travail. «Les oiseaux sont les meilleurs amis du jardinier». D'où les tournesols tout autour pour les nourrir en hiver. Par contre, cela impose de partager un peu des produits du jardin, mais l'environnement fait que le potager n'est pas leur seul réfectoire. «Il vaut mieux donner un peu à la nature qu'aux fabricants de produits chimiques». Mais Anne-Marie précisait bien qu'avant d'obtenir un tel écosystème, la conversion depuis une pratique conventionnelle nécessitait plusieurs années.
© Copyright Le Télégramme 2009